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 Des araignées jusqu'au plafond

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Elfe Sylvain
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Ellerina
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Des araignées jusqu'au plafond   Mar 17 Nov - 20:44

Des araignées jusqu'au plafond

Thranduil ✣ Ellerina



Leur petite troupe s'enfonçait lentement à travers les bois, dans la fraîcheur matinale, sous les assauts répétés du vent qui s'insinuait sournoisement entre les branches noueuses des arbres, bruissant et sifflant dans un étrange requiem qui aurait pu sembler lugubre à n'importe qui. Ellerina aimait le bruit du vent, aussi bien lorsqu'il se faisait doux et rafraîchissant que dans ses plus violents caprices. Mais pour l'heure, elle n'avait pas le temps de rêvasser ou de savourer ses humeurs, car toute son attention était focalisée sur les alentours, guettant un frémissement de feuille, un léger grattement sur le bois, une ombre à travers les arbres, la moindre trace de leur proie. Car même si les araignées avaient semblées, pour un temps, devenir moins hostiles, elles venaient encore parfois s'aventurer sur leurs terres. C'était le cas de celles que le roi Thranduil et quelques-uns de ses combattants étaient partis chasser ce jour-là. Lorsqu'elle avait appris la nouvelle, Ellerina n'avait pas hésité à se joindre au groupe. Toute occasion de nettoyer ne serait-ce qu'un peu, leur forêt de la malfaisance de ces bêtes était bonne à prendre, surtout lorsqu'elles se montraient aussi entreprenantes.

Pendant un temps, après le retrait de l'ennemi et la libération de la forteresse de Dol Guldur, Ellerina avait eu l'espoir de voir la forêt guérir. Lentement certes, mais sûrement. Pourtant, plus ils exterminaient la vermine, plus elle semblait revenir, inlassablement, car elle avait à présent planté son dard venimeux si profondément dans le cœur même de Mirkwood qu'il semblait presque impossible de les en déloger. Malgré cela, elle continuer d'espérer, qu'un jour peut-être, la forêt ressemblerait à nouveau un peu plus à la forêt d’antan qu'à ce qu'elle était devenue. Et que toutes ces créatures maudites les laisseraient enfin en paix. Elle savait qu'elle n'était pas seule dans ce cas, nombreux étaient ceux que la maladie qui rongeait la forêt affectait intimement. Le roi, son gardien, peut-être plus encore que tout autre.

Un frisson de dégoût courut le long de sa colonne vertébrale lorsqu'elle aperçut la première araignée au loin. Ces créatures provoquaient toujours la même répugnance chez elle. Il y avait peu de créatures qu'elle méprisait autant que ces arachnoïdes. Ellerina s'immobilisa, tendit son arc et attendit comme les autres qu'elles se rapprochent pour décocher sa première flèche. Elles étaient nombreuses et il en arrivait encore. Au final, une vingtaine d'araignées arrivèrent en même temps de tous les côtés. Ellerina sa corde tendue à l'extrême, tira une première flèche sur de celles qui arrivaient par derrière, la flèche de son voisin vint de loger elle aussi dans la bête qui s'écroula dans un couinement suraigüe, tandis ce que d'autres projectiles volaient en touts sens. N'attendant pas que sa première victime succombe, elle s'écarta d'un bond et fit volte face pour loger une flèche dans l'oeil d'une seconde araignée qui descendait le long d'un tronc en contrebas. Puis elle se glissa ensuite sur la droite pour atteindre une autre cible s'approchant trop dangereusement de l'avant du groupe. La corde claquait sous ses doigts sans pitié, puis d'un bond elle s'élança sur l'araignée qui s'approchait d'elle. S'écartant un peu de leur troupe, elle dégaina rapidement ses dagues pour trancher sans pitié dans la chair putride. Ce n'est qu'après avoir enfoncé sa lame par trois fois dans une bestiole, un peu plus coriace que les autres, qu'elle les aperçut. Elles étaient trois, aux prises avec le roi qui semblait peiner à atteindre ces monstrueuses créatures. Elles étaient au moins deux fois plus larges que leurs sœurs arachnoïdes et se déplaçaient clairement plus rapidement. Ces horribles créatures exhalaient une férocité impressionnantes et une odeur acide nauséabonde. Après avoir tenté par deux fois de leur tirer dessus, il apparut très vite que leur peau était bien plus résistante que celle de leurs consœurs. D'un mouvement fluide et assuré elle se retourna pour trancher de ses deux dagues le poitrail de l'araignée qui tissait son fil au dessus de sa tête.

Quelle était donc cette nouvelle atrocité? N'y avait-il pas déjà assez de rejetons du mal dans cette forêt ? Courant pour s'en rapprocher, elle tenta de les examiner davantage. Quelque chose dans leurs mouvements semblait particulièrement étrange mais elle ne parvenait pas vraiment à déterminer quoi. Tout à coup, comme répondant à un signal silencieux, ces trois nouvelles prédatrices prirent la fuite à travers les arbres. Le roi, lui, ne semblait pas du tout l'entendre de cette oreille et il s'élança à la poursuite de ses ennemis sans hésiter. Ellerina lui emboita le pas, courant aussi vite que ses pieds le lui permettaient, enjambant sans souci chaque branche et esquivant les aspérités, tentant de les contourner pour leur couper la route. Elles étaient vraiment très rapides et craignant de les perdre, elle tenta le tout pour le tout en visant la plus en retrait qui s'élançait vers la cime d'un arbre. La flèche siffla par dessus le vent et vint se loger dans la partie arrière de l'animal qui poussa un cri aussi monstrueux que lui. Le projectile n'avait pas entièrement percé la chaire, mais l'avait suffisamment ralenti pour que le roi la rattrape et la blesse suffisamment pour l'immobiliser.

S'accrochant à une branche elle se laissa couler le long du tronc pour retomber dans un saut léger en face de Thranduil, devant la bête et jeta un dernier regard au loin pour voir la direction empruntée par ses deux congénères. Elle se retourna, observa la créature, puis reporta son regard sur le roi.


"Doit-on les poursuivre?" [Doit-on les poursuivre? ]


Ce n'est qu'après avoir posé la question qu'elle réalisa véritablement que personne ne les avait suivit. Quel genre d'obstacle avait pu leur barrer la route? Tout cela était décidément plus qu'étrange.






Dernière édition par Ellerina le Lun 29 Fév - 22:07, édité 2 fois
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Elfe Sylvain
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Thranduil
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Re: Des araignées jusqu'au plafond   Dim 22 Nov - 9:52



Ellerina & Thranduil




Des Araignées
jusqu'au plafond





La chasse était ouverte et le roi entendait bien pulvériser lui aussi de ces immondes créatures extirpées de leur fange. C'était une occupation comme une autre qui permettait de visiter le territoire, inspecter les frontières, de s'entraîner un peu et de se faire plaisir car peu de choses étaient aussi distrayantes que de tailler en pièces des êtres qui cherchaient à vous nuire... et Thranduil aimait particulièrement se repaître de ce qui voulait le soumettre.

Anor déversait ses lames d'or sur l'épaisse frondaison et même si les feuilles grisâtres et l’écorce brune leurs faisaient barrage, l'Elfe millénaire parvenait tout de même à en percevoir la délicate chaleur. Mais le temps n'était pas à la badinerie, il était à l'appel du sang.

Cette chasse n'était pas comme les autres, il le sut dès qu'elle avait commencé. La piste qu'ils suivirent les menèrent directement dans un nid et la bataille fut sans merci. Il déversa sur les suppôts du Mal toute sa colère. Après tout, il la leur réservait tout particulièrement et n'hésitait pas à la laisser s'exprimer au travers de ses lames d'argent elfique. Chevauchant Soln, le majestueux cerf à la robe pâle, le souverain tranchait les pattes velues des aranéides, ne leur permettant pas de le toucher un seul instant. Les bêtes ne tiendraient pas longtemps sous les coups impitoyables des Elfes. Elles ne savaient pas leur résister. Leur force résidait en leur nombre, donnant l'impression que pour une tête tranchée, deux repoussaient aussitôt à quelques lieues de là. Mais les Eldar possédaient maintes qualités dont la patience, la témérité et grâce à Eru, ils ne se fatiguaient jamais.

Dans un éclair blanc, Silpion s'abattit sur les méphitiques belligérantes, séparant en deux leurs corps difformes. En rage, trois énormes monstruosités l'entourèrent décidées à lui faire payer les morts de leurs consœurs. Thranduil les estima d'une seule œillade. Elles étaient visiblement plus grosses, plus véloces, plus puissantes, leur peau villeuse était plus épaisse et cette odeur qui émanait d'elles était tout bonnement infecte. L'une d'elle eut alors un étrange comportement. Elle cracha sur lui un liquide verdâtre dont il esquiva le jet en quittant le dos de sa monture d'une roulade.

A terre, le monarque essuya une violente attaque et dut glisser sur le côté pour esquiver la morsure des crochets venimeux qui se plantèrent dans le sol. Ninquelotë d'un mouvement leste et implacable de son maître, alla se loger dans l'une de ses articulations qui reliaient une pâte à son abdomen. Même si la lame pénétra dans la chair pourrie, arrachant un cri de douleur strident à la bête, cette dernière se dégagea avec force de son emprise, repoussant l'assaut du roi Elfe, aidée par ses sœurs. Loin d'être effrayé par tant de résistance, il n'en ressenti que plus de rage et asséna sur les filles d'Ungolient sa cruelle frustration. Il vit non loin de lui, Ellerina blesser l'une d'entre elle à son tour. Ne laissant pas l'occasion passer, il se rua sur elle et entailla la victime de son amie, la lacérant à la base du cou, ouvrant une brèche dans sa carapace, pour y plonger son épée et sectionner sa tête.

Ellerina retomba avec grâce face à lui et ils partagèrent un regard qui n'eut nul besoin de mot tandis que du pied, le Sinda poussa légèrement le corps inerte de l'abomination avec dédain.

Ses soldats continuaient à se battre plus loin, aux prises avec les horreurs à huit pattes tandis que ses proies s’enfuyaient à travers l'épaisse végétation.

Il n'était pas concevable qu'elles s'en sortent, pas concevable qu'elles lui tournassent ainsi le dos. Aujourd'hui leur vie immonde prendrait fin. Il réalisa que sa cape était enduite de ce liquide visqueux olivâtre et d'un mouvement leste, il la détacha de son armure pour la laisser tomber au sol. D'autant plus agacé et en réponse à l'interrogation d'Ellerina, Silpion et Ninquelotë tournèrent dans la main du Seigneur elfique dans un sifflement de rage.

Je vais les débarrasser de leur insolence. Je vais les débarrasser de leur insolence.
D'un bond, il se lança à la poursuite des fuyardes.

Durant sa course, un étrange pressentiment le prit. Plus attentif que jamais, il sautait de branche en branche, observant du coin de l’œil s'ils étaient seuls dans cette entreprise, si leurs têtes étaient protégées d'une attaque verticale, si le terrain était propice à une embuscade... Il serra les dents et s'arrêta sur une branche large et épaisse, sa senestre touchant le tronc pour se stabiliser -car étrangement, si en ressentait le besoin-, levant sa main, il fit signe à Ellerina de s'arrêter près de lui. De sa voix parvint un murmure et pourtant le simple son de sa voix lui sembla déformé.

Quelque chose ne va pas... Quelque chose ne va pas...

C'était peu dire... il observa sa main libre et ses sens étaient troublés. Etait-ce sa tête qui tournait ? Son équilibre naturel était mis à mal. Comment était-ce possible... Il leva la tête vers la cime des arbres et ne parvint à percevoir qu'un vulgaire enchevêtrement opaque de feuillage et des ombres étranges qui y passaient furtivement.

Du poison. Du poison.

Dit-il comme une évidence tandis qu'il se tournait vers sa semblable. Mais ce n'est pas elle qu'il vit à son côté. A la place du visage séraphique et du corps harmonieux se tenait une créature effroyable à la peau translucide et à la bouche béante ornée de crochets et de dents luisantes. Ses pattes acérées se ruèrent sur lui et il dégaina son épée. Silpion fendit l'air de la main maladroite de son maître, faisant basculer la bête en arrière qui s'échappa.

"Ellerina !"

Il ne parvenait pas à le croire. Il aurait pourtant juré que c'était Ellerina qui s'était posée près de lui. Alors pourquoi était-ce monstre qu'il avait découvert ? Thranduil quitta la branche pour retrouver le sol, une main posée sur le parterre obscur et poussiéreux. Sa respiration était forte et ses tempes battaient si forts qu'il avait l'impression que sa tête allait exploser. Peu à peu, il perdait ses repères et une ire indicible enflamma son être tout entier.

"Qu'as-tu fait d'elle !!!"

Qu'il hurla en se redressant d'un bond, se retournant en tout sens, cherchant la trace de son ennemi malgré son équilibre précaire. Son amie s'était-elle faite dévorer ? Sans même qu'il ne s'en aperçoive ?

Aucune réponse ne vint, si ce n'étaient des grognements obscurs d'entre les sombres fourrées. Puis c'est alors qu'il la vit de nouveau, cette bête méprisable. Elle le regardait, sa gueule infecte montrant sa langue poisseuse avide de dévorer la chair, le narguant à quelques mètres de là approchant à pas de loup. La douleur lui vrillait la tête et il poussa un souffle rauque en se tordant de douleur, manquant de poser un genou à terre.

Tu vas me le payer... Tu vas me le payer...

Lâcha-t-il dans un souffle tandis qu'il se relevait. C'était une promesse qu'il avait prononcé, une promesse de sang que la violence même de son regard ne trahissait pas. Ses prunelles avaient perdu leur bleu azur, révélant un pourpre profond et le blanc de ses yeux était remplacé par une effrayante obscurité infinie qui n'avait plus rien d'elfique. Les lames d'argent étincelaient d'une lueur mordorée, habitées par l'incontrôlable désir de vengeance de leur seigneur. Il fixa le monstre pendant un instant encore puis se jeta sur lui, estoc en avant.

Non loin de là, pendue à son fil, l'une des aranéides observait la scène avec délice, pensant à ce merveilleux repas qu'elle allait bientôt pouvoir savourer. Le plus beau était que ces deux Elfes bien juteux allaient s’entre-tuer, lui laissant le plaisir de récolter le fruit de son labeur sans risquer sa propre vie ! Car oui, c'était elle qui avait craché son venin sur le roi aux oreilles pointue, ce monstre qui massacrait ses sœurs sans relâche. C'était lui qui l'avait blessé à l'abdomen peu de temps auparavant. Comme elle se sentait forte et intelligente... L'heure de la vengeance avait sonné. La créature glapissait de plaisir, poussant un grincement malsain en faisant claquer ses mandibules, la bave s'écoulant de sa bouche répugnante.

HRP:
 






The last Elvenking
Truth is we had no choice. We'll try to shield those we can. No better world, let this end. Mothers cry, our boys die,
But we'll stand until the end
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Elfe Sylvain
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Re: Des araignées jusqu'au plafond   Lun 23 Nov - 15:28

Des araignées jusqu'au plafond

Thranduil ✣ Ellerina



Tranduil s'était élancé, visiblement décidé à en découdre et malgré son mauvais pressentiment, la jeune elfe lui emboîta lestement le pas, ils coururent un moment à travers les branchages, s'éloignant de plus en plus de la route et du reste de leur troupe. Ellerina, guettait les alentours, nerveuse. Ces créatures lui semblaient bien trop intelligentes...se pouvait-il que cela soit un piège? Les menaient-elles vers un autre groupe de créatures? Si c'était le cas, ils risquaient d'être vraiment en danger...d'autant plus que leurs compagnons étaient toujours aux prises avec les araignées loin derrière eux. Elle s'apprêtait à faire part de ses doutes au roi lorsque celui-ci s'arrêta brusquement sur une branche en hauteur, un peu plus épaisse que les autres. Son attention jusqu'alors focalisée sur les alentours se porta sur son compagnon. Quelque chose dans son attitude lui indiquait qu'il était troublé, mais impossible de deviner par quoi, car elle-même ne percevait rien d'étrange... la bête était-elle dissimulée?

Quelque chose ne va pas... Quelque chose ne va pas...

Fronçant les sourcils, inquiète elle se rapprocha un peu et nota un détail étrange. Une étrange substance sombre et visqueuse était restée collé sur l'arrière de sa manche. Cela ne ressemblait pas à la bave d'arachnoïde à laquelle elle était habituée. A vrai dire, cela ne ressemblait à aucune des substances avec laquelle elle avait l'habitude de travailler....

Du poison. Du poison.

Ellerina senti son corps se tendre un peu plus sous l'effet de la nervosité. La situation commençait à leur échapper. Il fallait faire demi-tour, immédiatement. Elle n'avait pas la moindre idée des effets que ce poison pourrait avoir sur le roi et il serait particulièrement difficile de le ramener sain et sauf si ces derniers étaient assez puissants pour l'immobiliser. Il n'était pas question de prendre un tel risque simplement pour tuer cette créature.

Comment vous sentez-vous? Il faut rentrer, mieux vaut être prudent, nous ne sommes pas préparés. Comment vous sentez-vous? Il faut rentrer, mieux vaut être prudent, nous ne sommes pas préparés.

Dit elle en se rapprochant de lui, tendant la main pour vérifier la présence de lésions ou de fièvre. Soudain, elle le vit dégainer son épée si rapidement qu'elle eut tout juste le temps de retirer sa main et de reculer, quelques secondes avant qu'elle ne se fasse découper net. Interdite, elle resta quelques instants immobile à le fixer, tenant sa main légèrement entaillée avec un air d'incompréhension total dans le regard, essayant de comprendre cette réaction si violente. Puis, tout dégainant ses dagues elle sauta un peu plus loin dans un réflexe de défense. Que se passait-il? Pourquoi le roi la fixait-il avait cette colère dans le regard. Était-ce le poison qui troublait ses sens? Un frisson plus glacé que le maïalisme qui éprouvait les cultures la parcourut.

"Ellerina !"

Son ami sauta au sol, le regard fou, la cherchant visiblement du regard. Ne l'avait-il pas reconnue? Elle se mordit la lèvre, les pensées se bousculant dans sa tête. Elle n'avait pas la moindre idée sur la façon d'atténuer la violence de sa réaction au poison, c'était la première fois qu'elle observait de si puissantes hallucinations. Pourtant, il lui fallait tenter de le résonner, personne d'autre ne leur viendrait en aide ici.

"Qu'as-tu fait d'elle !!!"

Elle déglutit difficilement. Visiblement, il la prenait pour l'une de ces créatures répugnantes...S'il décidait de la découper en morceau, elle savait qu'elle ne ferait pas le poids. Elle était loin d'être la plus brillante des guerrières de Mirkwood et le roi était comme le chameau. Dans son environnement il n'y avait pas de prédateur assez puissant pour l'inquiéter.  Prenant une profonde inspiration, elle fit appel à toute sa capacité à rester calme dans les pires situations et décida de tenter le coup. Elle était assez vive, si les choses se passaient mal elle pourrait toujours reculer. En tout cas elle l'espérait. Se laissant tomber de son perchoir avec la plus grande discrétion, elle commença à s'approcher à pas de loup, comme elle aurait approché un animal blessé, prenant garde de ne pas avoir l'air menaçante, déclarant d'une voix aussi douce que possible.

Thranduil...c'est moi. Ellerina. Tu es sous l'influence d'un poison. Fais-moi confiance...baisse tes armes et calme-toi. [Thranduil...c'est moi. Ellerina. Tu es sous l'influence d'un poison. Fais-moi confiance...baisse tes armes et calme-toi.]

Elle sentit son cœur se serrer en observant sa réaction. Il tentait de lutter contre une douleur qui était, semblait-il, très puissante. Le roi n'était pas quelqu'un de douillet. Repoussant fermement la panique qui tentait d'envahir son esprit, elle essaya à nouveau de lister ses différentes options. Si elle parvenait à le raisonner, tout irait pour le mieux, une fois à l'abri, elle serait sans doute capable d'atténuer puis de neutraliser la toxine. C'est à ce moment qu'il releva son regard sur elle, un regard qui la glaça d'effroi.

Tu vas me le payer... Tu vas me le payer...

Ellerina se stoppa net. Elle n'était peut-être pas la personne la plus expérimentée au monde, mais elle avait vu les regards de tueurs, d' orcs sans pitié, d' assoiffés de sang. Ce regard-ci était bien plus terrifiant que tout ceux-là et même si elle voulait croire que Thranduil ne pourrait pas lui faire de mal, son instinct lui hurlait de prendre ses jambes à son coup immédiatement. Car il n'y avait que promesse de mort et de sang dans ses yeux.

Thranduil...ARRÊTE! [Thranduil...ARRÊTE! ]

Tout se passa extrêmement vite et, sentant qu'il était trop tard pour reculer, elle se concentra autant qu'elle le put pour parer le coup d'une grande violence qu'il lui asséna. Il était fort et malgré l'énergie qu'elle mit dans la parade, l'estoc l'envoya voler quelques mètres plus loin, lui arrachant un cri qui lui coupa le souffle. Son corps réagit avant même qu'elle ne reprenne ses esprits, elle ne prit pas le temps de respirer avant de rouler sur le côté et de courir aussi vite que ses jambes le lui permettaient. Le sang battait à ses tempes si violemment qu'il lui brouillait la vue et son bras gauche la faisait souffrir. Mais elle n'avait pas le temps d'y penser, car si elle en avait douté, elle était à présent certaine que le poison avait totalement envahit l'esprit du roi. Et si elle ne parvenait pas à trouver un moyen de le neutraliser, il allait l'étriper vivante. Elle porta la main à sa ceinture, sa fiole de d'antidote au poison habituel des araignées était intacte, mais il était nettement insuffisant pour arrêter les effets d'une telle drogue et elle n'avait aucune idée de la façon dont elle aurait pu lui administrer sans y laisser sa peau. En outre, elle doutait fort que le roi apprécie de reprendre ses esprits à côté de son cadavre, aussi repoussa t'elle cette idée dans un coin de son esprit. Se laissant tomber au sol, elle profita de son élan pour se glisser sous une racine, juste assez haute pour laisser passer son corps frêle et bifurqua sur le côté, espérant gagner un peu de temps. Elle devait essayer de revenir sur ses pas, de retrouver leur troupe. Elle entendait encore ses pas derrière elle et une certitude angoissante s'insinua dans ses veines. Elle ne tiendrait pas longtemps la cadence. Grimpant sur une branche, elle utilisa tout son élan pour sauter sur une seconde, priant pour ne pas glisser à la réception. C'était un grand saut...et elle manqua la chute de peu, se retrouvant forcée de s'arrêter et de prendre appuie sur le tronc pour ne pas basculer. C'est à ce moment là qu'un mouvement attira son attention. Cela ne pouvait pas être le roi, il aurait du être de l'autre côté. Plissant les yeux, elle distingua dans l'obscurité les contours du monstre. Et elle aurait presque cru voir un sourire malsain se refléter de ses nombreux globes oculaires.  

Cet instant de distraction faillit lui être fatal et elle se retourna juste à temps pour voir Thranduil balancer ses lames avec violence contre elle. Ne devant sans nul doute son salut,  qu'au poison qui le ralentissait, elle parvint à reculer assez pour éviter le coup. Mais elle ne put garder son équilibre et sentit avec horreur son pied glisser sur le bord de la branche. Elle parvint dans un ultime réflexe à s'accrocher à cette dernière avant de lâcher prise et de tomber au sol dans un cri, alors que la douleur et un sifflement aiguë lui vrillait les tympans. Puis, se retournant sur le ventre aussi vite que possible, sans tenir compte de son corps endolori, elle se releva et se remit à courir. Trop loin...les secours étaient trop loin. Et il n'était pas question qu'elle meurt ici.

Si elle ne pouvait le raisonner peut-être pourrait-elle l'immobiliser. Même si elle y parvenait, elle n'avait toujours pas la moindre idée de comment les sortir de cet enfer, mais elle allait commencer par l'empêcher de lui trancher la gorge et arracher celle de l'abomination qui lui avait fait cela. Serrant les dents, elle sortit son flacon d'antidote et le fit couler sur la lame de sa dague. Peut-être allait-elle signer son arrêt de mort ainsi. Il y avait de fortes chances que le produit ne fasse que diminuer la douleur de Thranduil et le rendre donc encore plus dangereux. Mais c'était le seul recours qu'il lui restait. Prenant une longue inspiration, elle se concentra pour éclipser la peur et la douleur de son esprit et se concentrer uniquement sur sa tâche.

Puis s'arrêtant, elle pivota dans un élan maîtrisé et envoya sa dague dans le haut de la jambe du roi.




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Elfe Sylvain
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Re: Des araignées jusqu'au plafond   Mar 1 Déc - 22:21



Ellerina & Thranduil




Des Araignées
jusqu'au plafond





Une lutte terrible s'engagea en lui ; son esprit combattait le poison rageusement pendant que l'autre tentait de le consumer davantage.

La bête esquiva, lui échappant de nouveau. Thranduil poussa un cri de rage en la voyant détaller devant ses yeux noirs brouillés. Peu lui importait qu'elle courut aussi vite. Le roi était un Elfe millénaire, un guerrier infatigable -et bien qu'il n'apprécierait pas le rapprochement- aussi opiniâtre qu'un Nain pouvait l'être, ou presque. Si la créature maudite avait peur, l'Elfe instillerait en elle une terreur viscérale. Il la traquerait, il la retrouverait puis il arracherait sa tête de son corps, extirpant la vie misérable de son être. Elle apprendrait alors trop tard que l'on ne craignait pas seulement la Forêt Noire pour ses semblables.

Il commença à courir après elle lorsque la douleur reprit de plus belle, plus aiguë que jamais, lui coupant presque le souffle. Il ne s'arrêta pas pour autant. A son oreille bruissaient d'étranges murmures et il sentait à peine ses jambes, comme si elles se dérobaient à sa volonté. Tout lui semblait irréel.

Thranduil...ARRÊTE! [Thranduil...ARRÊTE! ]

Entendit-il comme la réminiscence d'un souvenir lointain tandis que la fièvre montait à sa tête, une goûte de sueur perlant sur son front opalin. C'était la voix d'Ellerina. Son cri. Il pouvait ressentir la peur dans sa voix cristalline mais ne comprenait pas pourquoi cela semblait être à son égard et malgré ses efforts, sa mémoire refusait de lui montrer son visage.

Tourmenté, le roi continuait sa course. La créature était douée, ses traces étaient légères, mais elle ne pouvait lui échapper. Très vite, il l'aperçut de nouveau... silhouette statique au milieu des branchages pendant une poignée de secondes. Ce temps lui était suffisant. D'un bond il se rua sur elle, Silpion fendant l'air dans un sifflement aigu. Qu'elle lui échappe encore failli le faire tomber dans la folie la plus totale et la douleur redoubla, renfermant ce qui lui restait de conscience dans les tréfonds d'un esprit déchiré.

Les lames d'argent prirent une teinte rubiconde alors que l'Elfe perdait toute raison, dévoré par une ire qui n'était pas sienne. Son corps ne lui appartenait désormais plus. Thranduil ne pouvait que voir ses membres se mouver sans qu'il ne leur en donne l'ordre, courant après un fantôme, cet ennemi auquel il ne parvenait plus à donner une forme distincte. Il n'avait pourtant pas abandonné le combat. Il vit alors un objet brillant traverser l'ombre face à lui. Si la vision qu'il en avait était trouble, à son approche il la put distinguer. Une dague elfique. Depuis quand les araignées -ou autre monstruosités du genre- lancent-elles des armes de son peuple ?! Elles étaient bien trop effrayées par leur lueur et la puissance qu'elles dégageaient. Tout se déroula en une seconde, peut-être moins. Sa main s’appétait à briser la dague en plein vol lorsqu'il parvint à réunir assez de force pour la retenir. Etait-ce une intuition qui lui criait de ne pas esquiver ce coup ? Ou bien la volonté de ne plus vivre sous le joug d'un ennemi intérieur...

Le poignard se planta dans sa cuisse droite mais il ne bougea pas d'un pouce. C'était une sensation étrange. Il voyait l'arme dans sa chair mais ne parvenait pas à la sentir. Sa main la saisit sans qu'il ne le lui ordonne et ses yeux teintés d'obsidienne et de pourpre l'observèrent avec une attention étrange, inclinant la tête tel un animal primitif le ferait avec une chose qu'il n'avait jamais du observer avant.

C'est alors qu'il sentit l'épine. D'abord simple élancement, elle s'étendit peu à peu pour gagner de la vitesse et du terrain, endolorissant sa jambe. Mais la brûlure la plus violente était celle qui se rependit dans sa tête. Malgré cela, sa force lui revint, assez grande pour éradiquer la majeur partie du venin qui envahissait son organisme. Son poing se resserra sur le manche de l'arme, s'y crispant fortement comme pour être certain que ce geste lui appartenait bien. Il reprenait enfin le contrôle de son corps et de son esprit.

***


La bête, suspendue à son fil dans les fourrés frottait ses pattes avant l'une contre l'autre, scrutant la scène avec délice, une irrépressible envie de les dévorer tous les deux ne la quittant plus. Elle avait si peu l'occasion de se délecter de la chair des Elfes que cette simple idée lui tordait les entrailles d'un désir mortel. Puisque ses sœurs s'étaient enfuient, cela en ferait plus pour elle. La scélérate était parvenue à en empoisonner un mais ne s'était pas attendue à un tel spectacle. La femelle était  rapide et parvenait pour l'instant à échapper à ce redoutable ennemi.. une fois de trop. Elle n'y tenait plus. La femme elfe lui avait tourné le dos pour lancer sur sa marionnette une arme elfique brillante. Elle saisissait sa chance.

L'Araneae bondit sur sa cible, quittant son perchoir en hauteur en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. L'ignoble petite Elfe lui échappa de peu mais cela ne l'empêcherait pas de jouer avec elle.
« Je vais t'attraper... je vais te découper... puis te manger... » chantonnait la bête si Ellerina avait pu comprendre ses vagissements sauvages. La lointaine descendante d'Ungoliant frappa à de nombreuses reprises, cherchant à déstabiliser sa proie, celle-là qui se débattait comme un diable pour lui échapper. Soudain, ses crochets extirpés de sa bouche infecte attrapèrent son pied et la tirèrent violemment la soulevant dans un élan avant de l'attraper d'un coup vif entre ses pattes. L'odieuse commença à tisser une toile soyeuse autours du corps impuissant lorsqu'une indicible douleur transperça son corps, lui arrachant un hurlement sinistre.

***


Très vite, ses souvenirs lui revenaient, le voile des visions déformées se déchirant. Ses yeux, grands ouverts cherchaient leurs repères, se débarrassant peu à peu de la noirceur délétère qui les avait souillés, reprenant leur carnation cérulée originelle. Il voyait Ellerina se tenant à ses côtés, esquivant son premier coup alors qu'il l'avait prise pour un monstre ; ses yeux atterrés et épouvantés lorsqu'il lui promit la mort... et la fuite effrénée qu'elle entreprit pour protéger sa vie, non pas d'une araignée ou d'un orc, mais de lui. La culpabilité l'assaillit puis il serra les dents. Il retrouva ses sens, et c'est là qu'un bruissement attira son oreille et il reconnut alors au loin les formes obscures qui dansaient sous les frondaisons. Une fureur glaciale enflamma son regard pellucide en un instant. Il ne perdit pas une seconde et s'élança de branches en branches en direction de la rixe. Il manqua de choir car la fièvre ne l'avait pas quitté et la blessure à sa jambe l'avait diminuée. Le guerrier qu'il était ne supporterait peut-être un combat de front. Alors il devrait être rapide, ses pas devraient être feutrés et sa sentence sans appel. Il ne pouvait compter sur la chance. C'est dans ces instants que l'expérience et l'habileté font toute la différence.

Se hissant dans le plus parfait silence sur les sylves crochues, Thranduil prit de la hauteur pour surplomber la scène. Une fois qu'il fut placé à l'exact endroit souhaité, au-dessus de la monstruosité, le monarque se laissa tomber sur elle, plantant directement Silpion et Ninquelotë dans son cou, la traversant de part en part. L'araignée se débattit malgré cette blessure mortelle, éjectant son cavalier indésiré qui se rattrapa in extrémis à l'aspérité d'une branche large et tordue. Poussant des cris suraigus, appelant de l'aide, ou bien jurant de sombres menaces l'abomination finit par se raidir. Le Sinda rattrapa la guérisseuse qui manqua de tomber de haut dans la cohue, gênée par la soie qui la maculait et la hissa près de lui.

Malgré l'antidote qui avait réveillé son système de défense, il était affaibli et continuait toujours de se battre contre le venin. Ses yeux étaient cernés, sa peau pâle était humide et presque livide. Cette ultime attaque l'avait vidé de ses forces mais pas de sa dignité, ni de sa noblesse. Serrant les dents, il se releva, la main accrochée à une branche noueuse. Ses prunelles troubles observèrent son amie un instant.

Est-ce que vous allez bien ? Est-ce que vous allez bien ?

Elle semblait être en bonne santé, bien meilleure que la sienne à vrai dire. C'était tout ce qui importait. Il redoutait qu'après cette expérience, elle craignit de l'approcher. Et si certains mots souhaitaient être dit, ce n'était sans doute pas le meilleur moments pour les faire entendre.

Je dois récupérer mes armes. Cette... chose n'était pas seule. Pouvez-vous m'aider... Je dois récupérer mes armes. Cette... chose n'était pas seule. Pouvez-vous m'aider...

Pour que le roi de la Forêt Noire demande de l'aide -bien que la question n'en eut pas été vraiment une-, aussi mince soit elle, il devait clairement en pas avoir le choix.







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MessageSujet: Re: Des araignées jusqu'au plafond   Lun 7 Déc - 17:56

Des araignées jusqu'au plafond

Thranduil ✣ Ellerina



A p-eine la jeune elfe avait-elle envoyé voler la lame qu'elle perçut un mouvement fulgurant dans son dos. Le sentant plus qu'elle ne le vit, son sang ne fit qu'un tour et elle eut tout juste le temps de glisser sur le côté pour esquiver l'assaut de la créature qui n'avait pas hésité un instant. Il lui fallut un moment pour reprendre ses esprits, elle n'avait pas le temps d'essayer de repérer le roi pour jauger de son état, son ennemi ne lui laisserait pas de répit. Elle n'avait plus qu'à prier pour que l'antidote ait fait effet, sans quoi, elle ne voyait aucune échappatoire. Ellerina n'était pas de taille à affronter seule ces deux adversaires. Chacun des coups de patte de l'arachnoïde passait à un cheveu d'elle et son corps commençait à s'épuiser, elle sentait qu'elle ne tiendrait pas longtemps le rythme. S'élançant pour tenter de trancher l'une de ses pattes, la fuite n'étant plus une option, elle réalisa trop tard que la bête avait visé sa jambe cette fois et se sentit tirée si brusquement vers le haut qu'elle en eut le souffle coupé. L'adrénaline, la peur et la douleur se mélangeaient en elle, alors que dans un cri de rage, la guérisseuse se débattait de toutes ses forces pour se défaire de la toile infecte dans laquelle l'araignée avait commencé à l'emprisonner.  Mais il n'y avait rien à faire, son bras la faisait souffrir, elle n'avait pas de prise et même la force de son désespoir ne parvenait pas à réduire la pression de ses liens. Alors qu'elle commençait à réaliser qu'elle ne sortirait peut-être pas de ce guêpier, l'araignée se cabra dans un hurlement qui lui arracha les tympans et lui rendit un peu de volonté. La créature s'agita en tous les sens dans ce qui ressemblait à une agonie, ballottant la jeune elfe qui tentait de se concentrer cherchant une prise à laquelle se cramponner pour ne pas chuter ou se faire écraser par le monstre qui ne l'avait toujours pas lâchée. Malheureusement la branche la plus proche était encore loin lorsque le fil céda et elle ferma les yeux en tentant de se protéger la tête du choc qui ne manquerait pas de suivre et probablement de la faire sombrer dans l'inconscience, ce qui lui serait sans aucun doute fatal vu la situation.

Mais aucun choc ne survint. Sentant sa chute amortie par quelque chose, Ellerina ouvrit les yeux, cherchant ses repères mis à mal, tentant de rassembler ses esprits. Son regard étonné croisa alors celui du roi et son corps réagit avant son esprit en se crispant, comme prêt à recevoir un coup, avant qu'elle ne réalise son absence d'hostilité. L'antidote avait-il finalement fait effet? Elle balaya les alentours du regard, s'attardant sur le cadavre de la créature. Il avait sans doute dut la tuer d'un seul coup. Elle déglutit en songeant qu'elle était passée à deux doigts de finir de la même façon, puis se détendit légèrement. Le roi avait reprit ses esprits et le monstre était mort. Ils allaient enfin pouvoir sortir de ce mauvais pas. Même si pour le moment, son ami semblait dans un état encore pire que le sien. Ils étaient à bout de force et il leur fallait rentrer rapidement avant qu'une autre de ces horreurs ne décide de pointer le bout de ses mandibules. Sans quoi les choses finiraient vraiment par mal se terminer. Prenant une longue inspiration, elle s'écarta un peu de Thranduil et tenta de faire le point. Son bras était abîmé plus que superficiellement. Pas assez pour l'empêcher de tirer, mais la distance et la puissance de ses tirs en seraient certainement réduites. Elle ne semblait pas souffrir de graves blessures malgré la violence de sa première chute. Le plus inquiétant restait l'odeur étrange de la toile qui était encore collée sur ses vêtements et dont elle retira la plus grande partie possible. Elle n'avait pas l'impression d'avoir été éclaboussée par le poison, mais elle ne pouvait pas en être certaine et elle ne pouvait pas se permettre de perdre la tête. D'autant plus qu'il ne lui restait plus de contrepoison. En outre, elle ignorait si celui-ci avait annihilé les effets du venin ou si cette accalmie n'était que temporaire. Plus important encore, le roi très pâle et il semblait dans un état d'extrême faiblesse.

Est-ce que vous allez bien ? Est-ce que vous allez bien ?

Elle acquiesça lentement en l'observant avec inquiétude.

Je mieux que vous. Je vais mieux que vous.

Elle aurait aimé s'excuser, mais la situation n'était pas vraiment propice à ce genre d'échange. De plus, la culpabilité ne les feraient pas avancer. Le mieux qu'elle pouvait faire à présent pour se rattraper était de mettre Thranduil à l'abri et de guérir la blessure qu'elle avait été forcée de lui infliger. Se forçant à faire taire son instinct qui lui criait de ne pas trop s'approcher d'un ennemi potentiel qui avait déjà bien faillit la tuer et tentant de camoufler la tension et la méfiance dans sa voix, elle déclara assez bas.

Il nous faut vite faire demi-tour. J'ignore combien de temps l'antidote pourra combattre le venin de ces atrocités. Il nous faut vite faire demi-tour. J'ignore combien de temps l'antidote pourra combattre le venin de ces atrocités.

Elle préféra ne pas imaginer ce que cela pourrait donner s'il se laissait à nouveau envahir par cette rage terrifiante qu'elle avait perçut. De toute manière elle avait d'autres choses auxquelles il lui fallait penser.

Je dois récupérer mes armes. Cette... chose n'était pas seule. Pouvez-vous m'aider... Je dois récupérer mes armes. Cette... chose n'était pas seule. Pouvez-vous m'aider...

Elle connaissait assez Thranduil pour savoir combien cela pouvait lui coûter de demander de l'aide. Il était sans nul doute dans un triste état, probablement pire encore que ce que son apparence le sous entendait. C'était on ne peut plus inquiétant. Mais il avait raison, ils n'iraient pas bien loin s'ils se faisaient repérer par les sœurs de cette araignée et ils n'avaient pas de temps à perdre. Elle hocha la tête, rangea ses dagues et l'aida à redescendre, avant de le laisser un moment pour sauter sur le corps sans vie de l'araignée au sol. Prenant bien soin d'éviter tout ce qui pouvait ressembler à un liquide étrange, elle extirpa les lames du roi de sa dépouille horriblement recroquevillée qui laissa échapper un craquement sombre et répugnant. Puis elle s'appliqua à les essuyer sur un pan de sa tunique qu'elle laissa derrière elle. Mieux valait ne pas prendre de risques inutiles. Puis elle s'approcha d'une des flaques de liquide proche de son dard en protégeant son visage d'une main. C'était un peu risqué mais sans trace de ce venin, il lui serait nettement plus difficile d'y trouver un remède. Enveloppant sa main d'un tissu, elle saisit sa flasque vide d'antidote pour la remplir du venin avant de la refermer soigneusement et de la ranger à sa ceinture. Transporter quelque chose d'aussi dangereux de cette manière n'était pas raisonnable mais elle n'avait pas d'autre choix. D'un pas plus hésitant qu'auparavant, elle revint vers son compagnon et lui tendit respectueusement ses armes.

J'ai également prélevé un peu de son venin. Il n'y a plus qu'à espérer que sa toile n'en soit pas imbibée...et que ces choses ne soient plus dans les parages. Nous pourrions peut-être en abattre une...mais mieux vaut éviter la confrontation tant que l'on ne connait pas votre...état." J'ai également prélevé un peu de son venin. Il n'y a plus qu'à espérer que sa toile n'en soit pas imbibée...et que ces choses ne soient plus dans les parages. Nous pourrions peut-être en abattre une...mais mieux vaut éviter la confrontation tant que l'on ne connait pas votre...état."

Elle déglutit légèrement, ne parvenant pas vraiment à dissimuler son malaise, fuyant inconsciemment le regard de son ami. Puis renfermant un peu ses émotions pour reprendre un visage professionel et impénétrable, elle saisit quelques feuilles dans l'une de ses poche avant de s'approcher à pas mesurés du roi et de la lui tendre.

"De l’attelas. J'ignore si elle ralentira également ce poison-ci mais c'est tout ce que j'ai sur moi. Gardez la sur vous au cas ou... nous devions être séparés." "De l’attelas. J'ignore si elle ralentira également ce poison-ci mais c'est tout ce que j'ai sur moi. Gardez la sur vous au cas ou... nous devions être séparés."

Elle espérait bien sur que cela ne serait pas le cas, mais on lui avait apprit à toujours envisager le pire, cela ne pouvait pas faire de mal. Elle passa également en silence et rapidement un bandage autour de son bras pour limiter les risques d'infection, le refermant avec rapidité en s'aidant des dents dans un geste mille fois répétés. Puis elle jeta un oeil vers la blessure à la jambe du roi. Elle  presque pile à l'endroit ou elle avait essayé d'envoyer sa dague, ce qui lui faisait penser qu'il n'avait pas tenter de l'arrêter ou de l'esquiver. Peut-être à cause du poison qui avait brouillé ses sens? C'était en tout cas une bonne chose car elle n'avait pas trop abîmé le muscle et n'avait pas touché la fémorale, l'hémorragie semblait relativement minime.

"Ne bougez pas...je n'ai rien pour la douleur, mais je peux au moins panser la plaie. Je n'en n'ai que pour un instant.   "Ne bougez pas...je n'ai rien pour la douleur, mais je peux au moins panser la plaie. Je n'en n'ai que pour un instant."

Elle n'avait pas de bandage, mais sa tunique ferait l'affaire et cette fois-ci elle prit le pan le moins abîmé et le moins sale de cette dernière. C'était loin d'être idéal, mais cela ferait l'affaire pour l'instant. Elle fut aussi précautionneuse que possible, consciente que cela ne serait pas très agréable et ne laissa rien transparaître des tourments qui l'habitaient. Puis une fois le pansement de fortune mit en place elle se redressa, croisant son regard avant de se retourner vers la direction par laquelle ils étaient arrivés.

"Allons-y. "Allons-y."

Ils avancèrent donc un moment dans l'ombre des arbres, en direction du reste de leur troupe. Jusqu'à ce qu'ils arrivent à l'endroit ou ils s'étaient arrêtés. Leur groupe ne s'y trouvait plus. Sans doute était ils partis un peu plus loin à la poursuite de leurs ennemis. Ce n'était pas cela qui nouait la gorge d'Ellerina. Non. C'était les grandes toiles blanchâtres qui entouraient les lieux et leur barrait toute autre route que celle dont ils venaient de s'extirper. Ellerina avait soudain l'étrange sensation d'être l'une des pauvres bêtes pigé dans cette monstrueuse toile qui semblait ne pas avoir de fin. S'avançant vers l'une des toile elle sortit sa dague et fit un mouvement vif pour l'entamer, retourner vers la route et se débarrasser de ce mauvais pressentiment qui lui collait à la peau. Mais sa lame n'entailla pas le fil comme elle l'avait escompté et crissa dessus avant de glisser dans un sifflement qui se répandit le long de la toile et résonna dans toute la forêt. L'entaille sur sa main ne voulait dire qu'une chose.

Cette toile était aussi tranchante qu'un rasoir et elle venait d'avertir toute la famille de la créature qu'ils avaient abattue de leur position.




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MessageSujet: Re: Des araignées jusqu'au plafond   Sam 2 Jan - 0:19



Ellerina & Thranduil




Des Araignées
jusqu'au plafond





Il le sentait toujours en lui, cet organisme étranger et infecte. Une part de lui aurait souhaité s’ouvrir les veines pour s’en défaire, mais il savait qu’une telle pensée ne venait pas réellement de lui.
Le remède l’avait aidé à reprendre le dessus mais il ne l’avait pas éliminé, comme il l’avait un instant espéré. Ces quelques goûtes n’étaient pas suffisantes pour éradiquer le fiel que l’araignée avait planté en lui. Maintenant il en avait pleine conscience et la peur de glisser de nouveau dans l'abîme le saisit. Et s’il ne s’en débarrassait jamais ? Et si son prochain geste serait de prendre le cou fragile d’Ellerina pour le serrer jusqu’à ce que de ses lèvres rouges ne s’extirpe plus le moindre souffle ? Détournant la tête, il chassa cette idée. Pourquoi lui était-elle seulement venue à l’esprit ?
Comment cette misérable engeance pouvait-elle l’atteindre lui de la sorte ? Il était bien plus fort que cela et s’il devait périr, ce serait ses lames d’argent plantées dans le coeur même d’un ennemi à sa mesure. Un fluide, aussi pernicieux fut-il, ne pourrait le vaincre lui. En avoir la simple velléité ne le protégerait certainement pas, mais il avait encore assez de force pour se le jurer.

Et jurer il le fit.

Ellerina avait peur pour lui… peur de lui. Il pouvait le voir, le sentir, dans ses perles d’azur, dans ses gestes, ses postures. La frayeur qu’il avait du lui inspirer devait être grande pour la faire réagir ainsi face à un être en qui elle devrait normalement avoir une confiance absolue et aveugle. Il la regardait et renonça à lui dire qu’il avait peur lui aussi; peur de ce qu’il pouvait lui faire s’il perdait un instant… un instant seulement, sa concentration.

Lorsqu’elle parla de faire demi tour, le roi ne s’interposa pas à cette idée. C’était maintenant folie que d’imaginer traquer quoi que ce fut sachant quel ennemi il pouvait redevenir pour elle et pour lui-même. Il l’observa retirer ses lames du corps atrophié de l’aranéide avant de fermer ses paupières. Il n’avait pas hésité à dégainer Silpion et Ninquelotë contre elle. Un geste qui faisait naître en lui une rage indicible qu’il craignait à présent, ignorant si une telle émotion pouvait favoriser le poison ou bien si c’était le signe que le cauchemar recommençait. Une grande confusion l’assaillait encore lorsque la guérisseuse revint lui rendre ses armes.

Le visage du roi était résolument fermé lorsqu’il reprit les lames blanches pour les ranger dans leur fourreau. Il n’avait plus confiance en lui. Il savait qu’il pouvait lâcher prise à tout instant et tuer sans même pouvoir retenir sa main. Il allait ordonner à Ellerina de partir lorsqu’elle lui tendit de l’attelas. Cette plante aux propriétés guérissantes l’aiderait peut-être à résister, bien qu’il en doutât fortement. Mais il ne montra rien de ses doutes et accepta de garder la plante sur lui, davantage pour rassurer son amie.

Cette dernière s’affairait à panser la plaie qu’elle lui avait infligé et Thranduil devina son tourment car il la connaissait bien. Blesser son roi et ami était une chose que la Sinda aurait du mal à se pardonner, ce qui était assez paradoxal en somme puisque ce geste leur avait sauvé la vie à tous les deux. Perdu dans ses pensées, il la regardait faire, la douleur physique lui procurant l’illusoire satisfaction de savoir qu’il était encore lui-même.
Sa main trembla. Il crispa sa sénestre alors qu’il fermait les yeux. Lorsqu’il les ouvrit de nouveau, il croisa le regard d’Ellerina et l'orgueil le poussa à occulter et taire le malaise indéfinissable qui l’étreignait.  

Il garda le silence tandis qu’ils arpentaient les sous-bois, en quête du groupe qu’ils avaient laissé derrière eux. Au fur et mesure qu’ils avançaient, un mauvais pressentiment le gagnait, sans qu’il puisse en expliquer la raison. Il se retournait souvent et son regard elfique sondait l’épais feuillage à la recherche d’il ne savait quoi. Ils ne mirent pas bien longtemps à arriver sur les lieux de la funeste rencontre. Dans cette petite parcelle de forêt sinistre, des toiles étaient dressées de part et d’autres, bloquant le chemin pour aller plus avant. La soie blanchâtre fardaient l’espace des plus hautes branches au sol tel un funeste tableau.

Thranduil vit la jeune Elfe se diriger vers la toile. A cet instant, il voulut l’appeler, lui dire ne pas faire cela, qu’il se sentait étrange… qu’il n’arrivait plus à bouger ses jambes. Aucun son ne sortit pourtant de sa bouche. Les yeux troubles, il tourna la tête en la baissant, ses paupières se fermant, sa main se portant lentement à son visage, à son front, l’effleurant. Il la sentait approcher en courant, la Soeur… tellement… en colère… et elle n’était pas seule.

La guérisseuse approcha de son roi et lorsqu’elle fut assez près de lui, il se redressa, dégainant Silpion dans le but de taillader son abdomen de gauche à droite. Son corps ne lui appartenait plus et il devenait à nouveau une menace pour elle. Par chance, sa méfiance lui sauva la vie. Elle esquiva son coup grâce à sa dague et escamota ses autres attaques maladroites par sa vivacité. Il sentait que la force qui le contraignait n’était pas aussi puissante que la dernière fois. Etait-ce la faute du remède ? Il parvint à saborder ses propres attaques en les rendant grossières et lentes mais il sentait le monstre approcher à grandes foulées et savait que résister face à elle serait un tout autre exercice.
Ses assauts n’en demeuraient pas moins redoutables et elle ne pouvait plus fuir, les toiles ayant dessiné un piège presque parfait aux failles indicibles.  

Le combat ne dura pas longtemps. La maîtresse de cette mascarade se dévoila, ses pattes crochues accrochées sur la voûte de toiles acérées, observant le spectacle avec délectation, déesse incontestée de cette arène improvisée. Thranduil cessa soudainement de combattre. Un sourire malsain écorcha son beau visage alors qu’il levait la tête vers celle qui le commandait dès lors. Malgré l’horreur que cette scène aurait diffusée dans n’importe quel coeur hardi, le pire était à venir. Trois Elfes apparurent. Ellerina put sans mal les reconnaître. Ces hommes faisaient partie du groupe qui avait attaqué les trois Soeurs, celui qu’ils avaient laissé en s’enfonçant dans la forêt. Si la Sinda put ressentir du soulagement en les voyant, il ne dura pas. Leurs yeux étaient semblables à ceux de Thranduil lorsqu’il l’avait attaquée la première fois… semblables à maintenant. Des iris pourpre cerclés d’un noir profond. Ils étaient tombés et n’obéissaient dès lors plus qu’à une seule voix : celle de la Bête. Bien qu’il fut sous emprise, sa colère enfla lorsqu’il s’aperçut que les autres présences qu’il avait décelées n’étaient autres que celles de deux de ses hommes et que pour eux, il n’y avait hélas plus rien à faire. Ils étaient entièrement tombés sous son joug et dansaient désormais sur le fil qu’elle avait tissé pour eux. Ce destin était d’une incomparable cruauté.

La Dame avait perdu sa vigilance une seconde de trop et Thranduil fonça sur elle. Si elle parvint à le blesser à la main le dépossédant de Silpion, elle ne put esquiver le revers violent qu’il lui assena. Cette gifle la fit tomber en arrière et fut si forte qu’elle en eut des vertiges.
Deux des elfes s’approchèrent alors et attrapèrent la blondine pour la soulever, chacun la tenant fermement pour l’empêcher de s’enfuir. La perversité de l’araignée était terrible. Décelant sans doute l’attachement qui liait les deux êtres, elle préparait une mise à mort de circonstance, assez cruelle pour venger sa Soeur. Ses crochets refluaient une bave mousseuse tant l’excitation était grande. Ces monstres aux oreilles pointues ne méritaient pas mieux !

Alors qu’il lui faisait face, l’ordre fut donné. “Tue la femelle ! Maintenant !” Tandis qu’il la regardait, le visage veiné et contracté, le regard froncé, le roi poussa un cri de rage en se détournant d’Ellerina, tombant au sol, refusant d’exécuter cet ordre. Il ne tenterait pas de commettre cette horreur une fois de plus.
Alors l’Impatiente haut perchée poussa un grincement de colère et courut sur la toile pour enfin se laisser tomber au sol, devant Thranduil. Elle ne supportait pas que sa marionnette refuse de céder à ses moindres désirs. Penchée sur lui, sa face immonde presque collée à celle du Sinda, elle renforça son pouvoir sur lui, lui hurlant ses ordres à lui vriller la tête, l’une de ses pattes écrasant sa cuisse à l’endroit même où la dague avait été plantée un peu plus tôt. Un cri de douleur s’extirpa de sa gorge avant qu’il ne lève les yeux sur la créature bouffie d’arrogance qui le libéra finalement, poussant un grincement que l’on aurait pu associer à de la surprise ou de la curiosité.

Il se releva et se tourna vers ses congénères. Son visage était détendu, presque serein et pourtant, une effroyable blessure ornait tout le pan droit de sa face, comme si sa chair avait subitement fondu et son oeil était crevé revêtant un voile blanchâtre. Il se pencha pour prendre la dague de son amie tombée un peu plus tôt entre les feuilles mortes qui pavaient le sol, puis ses pas le conduisirent jusqu’à la prisonnière, toujours entravée par ses anciens compagnons. Une fois près d’elle, il approcha la lame de son visage pâle et délicat. Sa main saignait encore de la blessure qu’elle lui avait infligé mais il ne semblait pas s’en soucier, tout comme il semblait ignorer les mutilations insupportables et anciennes de son visage. Brusquement, de sa main libre, il l’attrapa à la gorge, la soulevant du sol et la repoussa si fort que même les deux Elfes ne purent la retenir tandis qu’il la plaquait contre un arbre. Elle avait beau se débattre, le frapper, le griffer, rien ne pouvait lui faire lâcher prise. Il plongea son regard monstrueux et déchiré dans celui, éthéré d’Ellerina et sa mâchoire se serra. Avait-elle perçu cette infime lueur azurée dans son œil valide ?

La pression sur sa gorge ténue prit subitement fin car Thranduil l’avait lâché sans prévenir. Il fit volte face dans le même instant, son poignet lançant la dague de son amie sur le monstre, la lame luisante se plantant dans l’un de ses yeux, lui arrachant des sifflements de fureur et de souffrance, un liquide verdâtre s'échappant de la plaie. Le mutin éprouva un plaisir sadique en voyant l’aranéide se tordre de douleur et son visage blessé afficha un demi sourire cruel en son encontre.
Les trois autres Elfes poussèrent un cri presque identique à celui de leur misérable maîtresse et se jetèrent sur leur souverain avec une colère qui n’était pas la leur.

Ce que la Bête n’avait pas vu en tenant l’Elfe au sol, c’était qu’il avait en hâte ingéré l’attelas. En plus de cette plante Thranduil avait fait appelle à sa magie, toute celle qu’il possédait pour renforcer sa volonté et mieux faire face à ses assauts. Du fait, ses anciennes blessures, celles qu’il s’évertuait à dissimuler aux yeux de tous depuis toujours se révélèrent, mises à nues. Un sacrifice utile puisqu’il était parvenu à ses fins.

Le roi tentait d’esquiver les attaques de ses guerriers mais il était affaibli pour mille raisons et surtout, l’idée de tuer ses hommes le répugnait. Il repoussait toujours plus l’échéance mais l’étau se resserrait davantage… la Soeur, malgré sa blessure, n’était pas encore vaincue et sa soif de vengeance était maintenant immense.







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Elfe Sylvain
MessageSujet: Re: Des araignées jusqu'au plafond   Lun 11 Jan - 15:57

Des araignées jusqu'au plafond

Thranduil ✣ Ellerina



La légère coupure dans sa main la brûlait tandis ce qu'elle resserrait la prise sur sa dague. Il fallait s'en aller d'ici au plus vite. Ellerina fit volt face et décida de faire demi-tour. Ils allaient devoir rapidement contourner cette toile s'ils voulaient sortir d'ici entier, songea t'elle tout en lançant des regards nerveux aux alentours.

Mieux vaut essayer de contourner ce piège par le sud! Mieux vaut essayer de contourner ce piège par le sud!

Lança t'elle au roi en arrivant à son niveau. A peine eut-elle prononcé ces quelques mots, qu'elle le vit faire un mouvement un peu brusque dans sa direction. Instinctivement, dans un geste qui aurait pu sembler paranoïaque, elle recula en se protégeant de son arme. Elle su que ce geste lui avait probablement sauvé la vie lorsqu'elle entendit Silpion crisser contre sa propre lame, parvenant à la dévier suffisamment pour ne pas se faire couper en morceau. Tout son corps se tendit et elle se mit en position défensive afin de résister à ces assaut. Elle n'avait nul part ou fuir cette fois-ci et pas le moindre début d'idée pour les sortir de cette impasse, tout ce qu'elle pouvait faire à présent était de se concentrer sur ses parades afin de ne pas y laisser sa peau. Par chance, il semblait bien moins féroce que tout à l'heure. Peut-être l'épreuve qu'il avait traversé l'avait-il affaiblit plus qu'elle ne l'avait soupçonné? Ou peut-être restait-il un peu de son roi...de son ami, quelque part derrière le monstre? Elle serra la mâchoire lorsqu'elle encaissa un coup plus violent que les autres et que son coude rappa contre la toile, l'entaillant légèrement. Ellerina se demanda où leurs compagnons avaient bien pu passer, s'ils allaient revenir, s'ils pourraient reprendre le contrôle de la situation avant que...

Malheureusement, ce qui devait arriva. Beaucoup trop vite. Thranduil s'immobilisa brusquement, comme un pantin à qui on aurait coupé les fils, tandis ce qu'Ellerina pouvait apercevoir la créature, presque aussi grosse que sa soeur, émerger lentement de l'obscurité, glissant sur le bout de sa toile, agitant ses pattes velues lentement dans une promesse d'agonie. Ellerina resserra sa prise sur ses armes pour ne pas trembler, totalement submergée par les événements. Son coeur et sa gorge se serrèrent et son estomac sembla s'être changé en une boule de plomb lorsqu'elle vit le sourire de Thranduil. Un sourire aussi mauvais que celui de celle qui était à présent sa maîtresse. Elle avait vu des atrocités au cours de son existence. Mais rien dans son souvenir n'égalait l'horreur que provoquait en elle le fait de voir tant de mal transpirer d'un être cher. Mais la bête n'en avait visiblement pas terminé. Et alors qu'elle était presque certaine que rien de pire n'aurait pu arriver, elle vit apparaître trois de ses compagnons à travers les branchages. Trois elfes. Un éclair d'espoir la traversa, avant d'être aussitôt balayé par la certitude que  ses compagnons n'étaient plus que des ombres...des marionnettes eux aussi. Ellerina se mordit la joue et prit une grande inspiration. Une vague de calme la parcourut, tandis ce qu'une certitude simple et puissante l'envahissait. Elle préférait mourir plutôt que de devenir la dernière pièce de cette répugnante collection. Il n'y avait plus d'échappatoire à présent. Elle lui ferait payer pour les siens. Quoi qu'il en coûte. Cette rage bouillonnante éclipsa en partie sa terreur.

Mais le temps qu'elle reprenne sa position après cette macabre surprise fut sans doute trop long et son adversaire ne laissa pas passer cette ouverture. Le roi se jeta sur elle, fort, rapide. Ses réflexes lui permirent de faire glisser la lame de ses main en l'entaillant,  mais le revers la surprit et la force du coup lui coupa le souffle et la jeta à terre si violemment qu'elle eut l'impression que sa tête allait exploser, tandis ce qu'un sifflement strident vrillaient ses tympans, lui brouillant la vue et faisait perler des larmes de douleurs au coin de ses yeux embués. Tentant de se relever malgré la douleur, elle ne fut pas assez rapide et elle sentit des bras la saisir violemment et la maintenir avec force dans ce qui était en train de se transformer en cauchemar éveillé. Désormais totalement paniquée, elle se débattit comme une furie, griffant, tentant d’échapper à leur prise par tout les moyens dans  des cris de rage aiguë et désespérés. Elle ne pouvait pas lui donner une telle satisfaction. C'était la seule idée qui martelait son esprit, le reste de ce dernier étant trop occulté par l'horreur et sa lutte pour sa survie pour penser de façon rationnelle. Mais leur poigne était trop forte pour son corps frêle et malmené et ils finirent par la mettre à genoux et l'immobiliser totalement. Un filet de sang goutta lentement sur son menton, s'étalant dans la boue au sol dans laquelle trempait désormais le bout de sa longue chevelure défaite.

Un hoquet d'horreur la secoua et elle croisa le regard de son ami...de son bourreau. Elle ne parvenait plus à être en colère, son regard ne reflétait qu'une supplication silencieuse. Et elle articula douloureusement, d'une voix éraillée.

Ne lui offrez pas cela... Ne lui offre pas cela...

Elle vit la tension dans son corps, les veinures dans son visage d'ordinaire si pâle et serein. Elle ne voulait pas mourir. Et elle savait qu'il ne voulait pas la tuer. Elle voulait croire que ce maudit venin, que ce mal qui rongeait leur monde ne pouvait pas être aussi puissant que cette volonté là. Qu'ils pouvaient encore lutter. Même si tout semblait contre eux. Son cri de rage résonna jusqu'au fond de ses entrailles, envoyant une décharge d'adrénaline dans tout son corps. S'il refusait de baisser les bras, il n'était pas question qu'elle abandonne. Elle avait encore une promesse à tenir.

Ellerina vit la bête tomber face à elle, lui tournant le dos et elle fixa sa dague, plantée quelques mètres plus loin dans le sol. Elle était si près. Elle s'agita, tentant de tordre les poignets pour échapper à l'étreinte de fer de ses anciens camarades parvenant à s'en défaire en bref instant, rampant sur le sol tourbeux, y enfonçant ses doigts jusqu'à s'en arracher les ongles, tandis ce que les autres attrapaient ses jambes et ses cheveux pour la tirer en arrière et que la bête stridulait avec violence sur le roi qui poussa un cri de souffrance. Celui-ci ne fit que galvaniser davantage la jeune Sinda qui parvint à saisir sa dague et entailler l'épaule d'un de ses geôlier avant qu'il n'envoie voler sa dague et ne la maîtrise à nouveau. Mais ce qui l'immobilisa fut le calme étrange et malsain  qui s'éleva tout à coup, plus angoissant encore que la cohue qui avait précédé et le regard de Thranduil.

Elle avait entendu des histoires, sur ce qui lui était arrivé. Mais le roi ne montrait pas ses faiblesses. Jamais. Et le visage calciné de celui-ci le rendait à la fois beau et terriblement effrayant. Tant et si bien qu'elle ne pouvait en détacher son regard, incapable de déchiffrer les pensées de son ami derrière cet œil blanchâtre et abîmé, alors qu'il avançait lentement et calmement, sa dague à la main. Elle se sentait paralysé, comme un animal piégé, incapable de fuir, fascinée par cette incarnation de la mort marchant calmement vers elle. Lorsqu'il posa lentement la lame sur sa peau, elle tremblait comme une feuille, trop fébrile pour s'enfuir ou parler, alors que le sang gouttant de la main du maître de la forêt se mêlait au sien, imbibant la terre du souvenir de cette pièce funeste. Elle sentit soudain sa poigne se refermer autour de sa gorge et son corps être soulevé du sol tandis ce qu'il la plaquait si fort contre l'écorce de l'arbre derrière elle, qu'elle eut l'impression de sentit le bois écorcher sa peau à travers son armure. Les larmes lui montèrent à nouveau au yeux tandis ce qu'elle essayait de lutter malgré le manque d'oxygène, tentant de toute ses forces de desserrer sa prise, de le griffer jusqu'au sang, de le frapper. Mais petit à petit, elle sentit ses forces la quitter et ne pu que le fixer dans un ultime regard, un regard ou se mêlait l'incrédulité, la peur et une lueur de tristesse. Elle aurait aimé pouvoir parler...pouvoir lui dire...

Elle inspira subitement sans vraiment réaliser ce qu'il venait de se passer, avant d'apercevoir un mouvement et de voir sa dague se planter profondément dans l’œil de l'arachnoïde qui lâcha un sifflement atroce, tandis ce qu'elle reprenait ses esprits et son souffle. Elle ne se posa pas trop de question et dés que son corps fut assez fort pour se redresser, elle sauta sur ses pieds et saisit son arc. Elle avait perdu ses flèches dans la mêlée mais elle parvint à en récupérer une au sol tandis ce que son ami bataillait avec difficulté contre les marionnettes de la créature. Peu importait à présent la suite des événements, elle n'avait plus qu'une seule envie, faire payer cette émanation du mal pour la souffrance qu'elle leur avait infligée. Elle s'élança tournant le dos à Thranduil. Elle savait qu'il pouvait à chaque seconde perdre à nouveau le contrôle et lui planter une dague dans le dos, mais il avait déjà résisté au poison et elle avait encore suffisamment confiance en lui pour prendre ce risque. Balayant les lieux du regard tout en contournant la créature, elle s'agrippa à la première branche qu'elle vit sans écouter les protestations de son corps et se mit en position, bien décidée à ne pas laisser le premier coup à son adversaire. La bête se dirigeait en effet vers elle, rampant de ses huits pattes répugnantes dans sa direction. Ellerina banda son arc aussi fort qu'elle le pu. Elle n'avait plus qu'une flèche et pas le temps de réfléchir. Elle connaissait la physionomie des araignées. Celle-ci était simplement plus grosse. Elle savait qu'elle pouvait l'immobiliser. Si elle ne ratait pas son coup. Elle se concentra, occultant les autres éléments autour d'elle, lorsqu'un cri plus violent que les autres lui fit perdre sa concentration. L'un de leur ancien camarade venait de blesser le roi et un second s'apprêtait à planter sa lame dans son dos. Elle savait que cet instant d'inattention lui coûterait peut-être la vie... elle ne prit pas le temps d'hésiter.

Sa flèche siffla en même temps que l'araignée et se planta dans le corps de l'elfe au moment ou la patte de la créature se planta dans l'écorce à moins d'un centimètre de sa tête. Poussant un cri de rage, la Sinda prit son arc et en enfonça la pointe de toute ses forces, appuyant de tout son corps sur celui-ci pour percer sa carapace et l'enfoncer dans son abdomen. Le bête se cambra en arrière, la soulevant du sol alors qu'elle s'accrochait à la hampe de son arme aussi fort qu'elle le pouvait, puis elle commença à s'agiter, forçant l'elfe à abandonner son arme et à se défendre avec sa pauvre dague qu'elle réussit à arracher de son oeil. Ellerina était épuisée, blessée, mais elle était encore assez rapide pour esquiver les coup de l'araignée, bien plus lente à présent et elle enfonça sa dague dans sa chair à chaque occasion, se faufilant entre ses pattes, sautant d'une branche à l'autre grâce à son sens de l'équilibre, l'éloignant autant que possible de son ami et l'attirant vers sa propre toile. Un moment, elle craignit que la bête ne s'enfuit ou ne se retourne vers son compagnon. Mais elle avait été blessée et elle était visiblement folle de rage. Elle n'avait plus qu'une pensée en tête: la mettre en morceau. Ellerina savait qu'elle ne pourrait tenir longtemps la cadence. Elle était trop faible. Il fallait en finir. Maintenant ou jamais.

Au moment ou elle arrivait au niveau de la toile qui promettait de la stopper net dans sa course, elle fit volt face, le regard perçant et brûlant d'une colère aussi flamboyante que celle de l'araignée, tous les sens en éveil et envoya sa dague aussi fort qu'elle le pu dans le cou de la créature, juste sous sa tête qu'elle venait de redresser pour cracher un jet de venin. Le cœur battant à tout rompre, elle la vit s'enfoncer jusqu'à la garde dans la partie molle de son corps. La bête s'affaissa et tomba à la renverse en contrebas, tandis ce que le liquide poisseux et gluant qu'elle venait de lui envoyer coulait le long de son corps. Elle fixa ses mains avec horreurs. Elle voulut crier mais aucun son ne sortit de sa gorge. Elle porta sa main à son cou...puis à son ventre. Elle pouvait sentir la pointe de l'arc enfoncée jusque dans ses entrailles. Elle eut l'impression que son corps était en feu et la douleur la submergea toute entière. Alors que la bête agonisait au sol, l'elfe ressentait, elle aussi, la vie la quitter. Tout devint noir.

La dernière chose qu'elle sentit fut l'impression de tomber dans le néant alors que son corps inconscient glissait lentement de la branche sur laquelle elle s'était évanouie.


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Elfe Sylvain
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Re: Des araignées jusqu'au plafond   Sam 23 Jan - 21:07



Ellerina & Thranduil




Des Araignées
jusqu'au plafond





Il était exclu qu'il enlève la vie de ses hommes, encore moins de ses propres mains. Il ne retenait pas ses coups pour autant car les ennemis qui lui faisaient face étaient particulièrement tenaces. Thranduil n'était pas passé par l'abîme empoisonné des monstrueuses aranéides pour tomber sous les coups de sa propre garde. Mais malgré la force de ses attaques, ils étaient encore debout, mus par une force et une résistance qui n'avaient rien de naturelles.

Le poison qui parsemait ses veines s'estompait et il retrouva bientôt l'entière maîtrise de son esprit. Maintenant que ses idées étaient plus claires, il parvenait à reconnaître les trois Elfes. Il y avait Valion, Nildïr et Rivän. Tous trois étaient de jeunes elfes, forts et talentueux dans leur domaine. Car ils excellaient dans l'art de la chasse, art qui dépassait de loin les exercices cynégétiques auxquels se pliaient maladroitement la plupart des humains. Et tous étaient proches du prince... son fils.
Voir ainsi leurs yeux noyés dans une mer aussi noire que malveillante le révulsait. Déjà leurs corps se transformaient sous l’influence maligne pendant que leur âme pure se laissait dévorer sans qu'ils puissent rien n'y faire. Ces mêmes Elfes qui avaient juré de le protéger, lui, leur souverain, tentaient à présent de lui arracher le cœur, dussent-ils le faire avec leurs ongles.

Le roi esquivait leurs attaques, cherchant le moment opportun pour les empêcher de nuire et lorsque Rivän se jeta sur lui, Thranduil lui administra un coup en plein visage qui le fit s'écrouler dans un gémissement animal.

Une lutte acharnée s'engagea entre lui, Valion et Nildïr. Malgré un rythme de combat effréné, il s'inquiéta d'une œillade de l'état dans lequel se trouvait Ellerina et ressentit l'urgence lorsqu'il constata qu'elle se trouvait seule face au monstre. Cette seconde d'inattention fut une première erreur. Nildïr et Valion se jetèrent sur lui, dagues en main. Les réflexes du Sinda lui permirent de s'en tirer avec une entaille sur sa joue blême d'où perlait le vermeille, mais il s'en était fallu de peu pour que la lame touche sa gorge... C'est à ce moment qu'il entendit un cri derrière lui. Il sut que cette voix n'appartenait pas à Ellerina et même si cela le rassurait, la haine qu'il y décelait ne présageait rien de bon, et c'était un euphémisme.

Cette fureur appartenait à Rivän, ou du moins ce qu'il en restait. De nouveau debout, il s'apprêtait à plonger son arme dans le dos de son roi. Rassemblant toute sa force, Thranduil chassa ses ennemis par des coups implacables dans le but d'intercepter l'attaque de Rivän. Tout se passa en une poignée de secondes. Débarrassé des gardes, il tourna les talons, son oreille fine entendant dans le même temps le bruissement d'une flèche et le son si caractéristique de la chair se perçant sous son trait. Lorsqu'il attrapa Rivän, ce n'était pas pour retenir son assaut, mais pour retenir son corps qui tombait, le cœur dardé par la pointe de métal d'argent. Une grande affliction s’empara de lui. Il posa sa main sur la joue du jeune Elfe qui expirait son dernier souffle. Un bref instant, ses yeux reprirent leur teinte claire d'origine et se posèrent dans les prunelles de Thranduil tandis que ces lèvres articulaient ses derniers mots.


"Goheno nin mi Aran." "Pardonnez-moi mon roi."


Son âme quitta la Terre du Milieu pour les Terres Immortelles et le roi posa le corps sans vie à terre, ses doigts caressant la face pour clore ses paupières. Il n’y avait rien à pardonner et cette mort était un douloureux gâchis.

Le monarque se redressa, allouant un dernier regard au visage éternellement fermé de Rivän. Il leva ses yeux sur la jeune Sinda, prise entre la toile acérée et l'araignée. Il ne perdit pas une seconde et reprit possession de Silpion et Telperion. Il ne pouvait laisser Ellerina se battre seule contre cet ennemi. Mais alors, d'un coup de maître, elle envoya sa dague sous la tête de la créature qui alla se planter dans la chair, créant une blessure mortelle. Ses fils, tendus tels des haveneaux, ne la retinrent bientôt plus. La bête alla se briser les os au sol, agitant fébrilement ses pattes crochues pour tenter d’échapper à ces ténèbres qui lui faisaient si peur. Cela sonnait-il le glas de cette lutte ?

Le soulagement qu’il éprouva en la voyant sortir triomphante de cette affrontement mourut presque aussitôt, lorsqu’il constata que son corps était nimbé du sinistre venin. C’était une dose bien plus élevée qu’il n’en avait lui-même reçu. Elle perdit connaissance la seconde qui suivit et s’échoua sur une branche. Il bondit mais n’eut pas le temps d’atteindre l’endroit où elle se trouvait que déjà elle tombait de nouveau, glissant de la branche qui avait accueilli son corps évanoui. A mi-chemin, entre les hautes branches et le sol, il attrapa l’Elfe dans ses bras avant de regagner le parterre souillé du sang noir de la Veuve.

Plus loin, l’araignée agonisait, trop acharnée et terrible pour céder si vite à la grande sorgue; mais elle était incapable de bouger ou de menacer directement Thranduil et Ellerina. Avec douceur, il posa la Sinda, déchira un pan de sa cape pour essuyer le poison qui maculait son minois. Son visage doux était résolument froid et fermé et bien que la vie ne l’avait pas encore quitté, les battements de son cœur se faisaient plus rare et subtils. Penché sur elle, il posa sa main sur sa joue froide. La peur le prit alors, celle de devoir perdre une fois de plus un être qu’il chérissait, celle qui gardait le souvenir d’Evranï si vif et doux dans ses chants, celle qui avait donné son amour, son temps et sa patience pour Legolas… pour lui, en lui pardonnant sa froideur et ses élans cruels…

Il pencha davantage son visage près du sien, ses deux mains tenant sa tête blonde puis il ferma les yeux pour murmurer.

“Ellerina, echuio. Lasto beth nîn... tolo dan nan galad… Avo dheo...” Réveille-toi. Entends ma voix… reviens vers la lumière… n’abandonne pas...

Et elle reviendrait, dut-il sacrifier tout ce qu’il avait de magique en lui pour y parvenir.

Une silhouette bougea à quelques pas de là. Doucement, le roi redressa sa tête, son oeil pâle se figeant sur Nildïr. Son corps était secoué de spasmes. Il poussa un cri où se mêlaient douleur et violence.. C’est alors que la bête agonisante s’adressa à Thranduil par l’intermédiaire du pauvre Elfe à la voix déformée.

ElLe EsT mOrTe, La SaLe PeTiTe FeMeLlE eLfE. Je L’aI tUé. J’aI gAgNé.

Le Sinda posa sur l’être désincarné un regard acéré. Il délaissa le corps d’Ellerina en se relevant, observant le pantin et malgré ses paroles, il demeurait calme et impassible.

“Regarde-toi… Créature pathétique. Ton corps est brisé. Tu n’es plus qu’à travers lui, te raccrochant désespérément au semblant de vie qu’il te reste… une fin pitoyable pour une existence méprisable.”

La face de Nildïr se contracta de rage aux mots du roi et extirpa de derrière lui sa dague, la présentant au Sinda comme une menace. Ce dernier posa sur lui un regard glacial et piquant, inclinant légèrement la tête.

“Tu es déjà morte. Libère-le et retourne aux ténèbres qui t’ont vu naître…”

L’Elfe possédé fit deux pas maladroits et menaçants à son encontre et planta ses yeux hagards et torturés successivement sur Ellerina puis Thranduil. Le roi passa par dessus l’inconsciente, se dressant entre la menace et son corps. D’un mouvement de poignet, Silpion décrivit une courbe et la lame elfique radia d’une lueur argentée froide et sacrée. Les yeux du monstre furent traversés d’une terreur glaçante.

“Tu ne peux plus l’atteindre.”

Nildïr poussa un hurlement de rage et de frustration, arme tendue, main tremblante. Puis son regard se figea et un sourire terrible déforma sa bouche.

“Je Ne PeUx PaS tE l’EnLeVeR eLlE… mAiS jE pEuX tE l’EnLeVeR lUi..”

Sous le regard horrifié de Thranduil, Nildïr retourna l’arme contre lui, la lame commençant à trancher sa gorge.

“Avo garo Nildïr !!” Ne fais pas ça, Nildïr !!

Un dernier cri retentit dans la Forêt Noire avant que des lames affairées ne coupent les toiles acérées.







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Truth is we had no choice. We'll try to shield those we can. No better world, let this end. Mothers cry, our boys die,
But we'll stand until the end
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