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 Celui qui retrouve son chemin

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Elfe Sylvain
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Thranduil
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Celui qui retrouve son chemin   Mer 25 Mai - 17:36



Eraën & Thranduil




Celui qui retrouve son chemin





La lune s’était levée plusieurs fois depuis la Bataille des Terres Brunes. Beaucoup de sang avait abreuvé les plaines du Rhovanion, des larmes avaient coulé et malgré la victoire, le roi n’en tirait guère satisfaction. Les blessures infligées étaient grandes, à son corps comme aux peuples qui s’étaient battus ce jour là, mais il n’avait gardé au visage que cette froide impassibilité, ce masque qui le rendait inatteignable. Devait-il s’émouvoir des coups joués par le destin, de avancées de l’Ennemi, de l’abîme qui s’étendait telle une plaie et de la violence d’un monde qui avait perdu depuis des siècles la pureté que les Valar lui avait offerte ? Rien ne saurait l’affecter, rien ne le devait, pas même les blessures infligées à son corps.

Le monarque traversa les larges salles de ses Halls, le froissement doux de sa tunique caressant le bois sous ses pas bottés. Un murmure rythmé que les gardes de son palais connaissaient bien, un son que leur ouïe développée percevait tel un cor tonitruant, celui criant à tue-tête : le roi est là. Et alors le temps se suspendait.

Aujourd’hui, Thranduil avait décidé de se rendre à Celebannon, un village elfique situé un peu plus en aval du fleuve. Les écorchures qui paraient son bras jusqu'à l'épaule étaient bandées, dissimulées sous l'épaisse étoffe. Celles-ci ne l’empêcheraient certainement pas de jouer son rôle... une victoire qu'il ne concéderait pas à l'Ennemi et ce quel qu'en soit le prix.
Tandis qu'il traversait les passerelles et arpentait les divers couloirs sous les lueurs mordorées des lapions suspendus, il arrivait enfin à une salle plus vaste que les autres. Son plafond était orné d'une voûte suspendue par les racines tressées des arbres millénaires qui les surplombaient, loin au-dessus d'eux, à la surface. De larges fenêtres sans vitres donnaient sur la caverne et de l'un des soupiraux, on pouvait apercevoir au loin le tracé net de son immense trône. Au centre de cette salle circulaire, une fontaine trônait, faite d'un albâtre de la plus douce pâleur et dont les goûtes d'argent tintinnabulaient, laissant dans leur sillage une musique délicate et reposante.

Le roi aimait venir en cet endroit lorsqu'il le pouvait, même s'il n'en avait que peu l'occasion. Il fut un instant interloqué de constater qu'aujourd'hui, il n'y était pas seul. L'un des siens s'y trouvait déjà, goûtant à la solitude de ce lieu enchanteur. Bien peu de temps lui fut utile avant de reconnaître le propriétaire de cette allure inusitée entre ces murs, même s'il lui tournait le dos.

En haut des quelques marches, surplombant l'alcôve, il demeura immobile quelques secondes. Sans doute n'était-il pas certain de vouloir troubler la tranquillité qu'Eraën venait ici rechercher. Le choix s'imposa à lui lorsque l'elfe albinos se tourna vers lui pour le saluer avec respect. Thranduil lui rendit ce salut d'un mouvement de tête. Si ses lèvres n'arborait aucun sourire, son visage paraissait avenant. Avec la lenteur éthérée des elfes, il arpenta la salle, sa longue tunique bleu nuit brodée d'argent s'irisant sous la lueur des candélabres.

Cet endroit est rarement visité. Je ne comprends pas pourquoi. Même s'il est loin de tout, je lui trouve une certaine vertu reposante pour l'esprit... appelant à la réflexion... à l'apaisement.

Il observa un instant au-delà d'un ajour. Au loin, on pouvait voir des gardes en armure prendre leur tour de garde, des chasseurs se diriger vers les lourdes portes d'entrée, des hommes et des femmes traverser les arches et les passerelles dans leur vie de tous les jours. Un spectacle bien commun en somme.

 Ils paraissent si sereins.

L'étaient-ils ? Il l'espérait.
S'extirpant de ses rêveries, le roi tourna son attention sur le jeune elfe. Sur le faciès séraphique du souverain s'ourla un sourire, infime, mais tout le même perceptible.

Sais-tu que l'attaque des hommes de Sauron m'a moins surpris que ta présence sur le champ de bataille ?

Le roi de Mirkwood connaissait, à quelques individus près, tous les elfes peuplant son royaume. Son intérêt pour son peuple était grand et il avait eu des millénaires d'existence pour apprendre leur nom et leur visage. C'était une des raisons pour lesquels Thranduil ne se lançait jamais tête baissée dans une guerre. Chaque goûte de sang était précieuse et il œuvrait pour protéger cette vie sacrée.
Eraën avait toujours été à part, dans son apparence, sa façon de voir les choses, mais également dans ses relations avec les autres. Alors il était aisé d'imaginer qu'il était bien connu de son roi, peut-être même davantage qu'un autre. Le Sinda avait suivi son évolution avec attention, forçant plusieurs fois le destin pour croiser sa route et partager avec lui quelques mots. Etait-il dangereux pour les siens ? Sa soif de sang le poussant à prendre des risques inconsidérés, il avait d'abord été un danger pour lui-même. Certaines personnes se méfiaient de lui et d'autres vinrent rapporter au roi ses attitudes étranges. Même si ces rapports étaient dénués de malveillance, ils cessèrent lorsque l'albinos décida de quitter les bois qui l'avait vu naître pour d'autres contrés. Bien rares étaient ceux qui comprenaient ce choix mais personne ne s'interposa. Après tout, c'était un homme libre. Lui avait espéra qu'il trouverait ailleurs ce qui lui manquait ici et qu'un jour peut-être il trouverait à nouveau le chemin qui le ramènerait chez lui.

Doucement, Thranduil reprit sa marche lente, sans plus le regarder.

Non pas que je te pensais couard, seulement loin de ton pays... et des tiens. Mais à l'évidence, je m'étais trompé.

Il y avait fort à parier qu'il ne parlait pas seulement de son éloignement géographique... Le timbre de sa voix était toujours égal, comme pouvait l'être un funambule sur son fil; dans un équilibre parfait. Déchiffrer ses sentiments ou même analyser ses pensées devenait impossible. Le marbre de cette fontaine même était bien moins étanche...
De nouveau, il arrêta son pas, se tournant vers l'une des larges ouvertures qui donnait sur le cœur de la cité.

Dis-moi Eraën. Qu'est-ce qui t'as poussé à te joindre à cette bataille ? Est-ce la seule promesse du sang courant sur ta lame ? ”  








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Elfe Sylvain
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Re: Celui qui retrouve son chemin   Lun 30 Mai - 20:43

Je regardais le paysage, impassible. La douleur à mon bras se faisait parfois lancinante, mais elle n’était guère importante. Cette peine, je la supportais aisément, pour la connaître que trop bien. Mon corps était criblé de cicatrices, toutes plus ou moins importantes, que la magie elfique n’avait pas toujours soignée. A vrai dire, je fuyais mon peuple comme un orque fuis l’eau pour se laver. Je l’aimais, mais je ne pouvais point rester avec eux. Je ne faisais pas parti de leur univers, nous étions tous trop différents. J’aimais le sang, ils aiment la paix. Physiquement aussi, quand bien même j’avais conscience que ça n’avait guère d’importance pour eux, j’étais trop différent et, à vrai dire, j’entretenais cette différence. Les cheveux courts, d’un blanc aussi immaculé que ma peau et mes yeux d’un bleu anormal, presque translucide, voilà ce qui me complexait. Je ne m’étais jamais senti à ma place dans aucun peuple, pas même celui des hommes qui me correspondait peut-être un peu plus. Si les elfes étaient très tolérants, les hommes, eux, ne l’étaient pas. Mon apparence les repoussait. Si je voulais prouver à tous et à moi-même que cela ne m’atteignait pas, je n’étais pourtant pas dupe. J’avais mal, au plus profond de mon être, de ne pas trouver ma place. C’était à croire que la seule que j’avais c’était auprès de ma monture, sur les routes d’Arnor, qui allaient de Mithlond et l’Ouest de la Comté en passant par l’est de Fondcombe, et au sud jusqu’à la Lórien. Ce monde, je l’avais parcouru de part et d’autre, et pourtant j’étais encore loin d’en avoir fait le tour. J’aimais passer quelques jours dans les villes que je visitais, afin d’aller non pas au contact du peuple, mais au contact de la culture. Je découvrais mille et unes choses différentes, des coutumes différentes, des boissons et des mets différents… Certains n’avaient encore jamais vu d’elfe, alors j’étais pointé du doigt et me dissimulais toujours plus sous ma cape de bure. Il était dur pour moi d’être ainsi considéré comme un élément en trop, une sorte d’espèce encore plus rare que la mienne dont j’étais le seul à en être le représentant.

Depuis quelques jours, je siégeais à Celebannon, pour espérer avoir le répit que, me semblait-il, je n’avais pas volé. La bataille avait été harassante. J’en avais pris cher pour mon grade, mais j’étais tout de même fier de ce que j’avais accompli. Je n’avais point laissé de repos aux araignées géantes, là où beaucoup d’entre nous avaient perdu la vie. Mais le pire et le plus cruel pour notre cœur avait été la lutte contre les Núménóréens. Les corsaires avaient été une formalité, mais ces créatures-là étaient des dures à cuire. Pourtant, nous y étions parvenus. Nous étions sorti vainqueur, mais au prix de nombreuses pertes. Alors il fallait que je me pose, pour pouvoir respirer un air pur auprès de mon peuple qui, je l’avais remarqué durant le combat, m’avait un peu manqué.

Le calme. Le seul bruit qui me parvenait était le bruit de la cascade un peu plus loin qui s’écoulait le long de le fleuve qui traversait la caverne. Le bruit de l’eau qui s’éclatait contre les rochers, que mes fines oreilles d’elfe pouvaient capter, me procurait un certain bien-être que je n’avais pas connu depuis longtemps. Combien, au juste ? Des centaines et des centaines d’années. Le seul bruit que j’appréciais était celui des pas de mon étalon palomino qui foulait le sol avec la légèreté des chevaux du sud. Aujourd’hui, je pouvais profiter d’un tout autre son mélodieux qu’était celui du calme. J’aimais profondément me battre, mais j’avouais volontiers que, pour une fois, la passivité m’était salutaire. J’étais las. Las de jouer tous les jours avec ma vie, las de voir le sang couler sur ma lame, marre d’entendre les hurlements de douleur que j’entendais lorsqu’une de mes flèches atteignait sa cible. Ces cris, je les aimais tant, et pourtant aujourd’hui je ne voulais point les entendre. Je ne le pouvais pas. Peut-être était-ce mon origine elfique qui prenait le dessus sur ma nature. Qui sait, pour le moment je ne voulais pas me poser de question. Je voulais simplement vivre, et profiter.

Si je pouvais entendre beaucoup de choses jusqu’aux sons les plus discrets, ma concentration, ma perdition dans mes pensées et les pas flottants de mon roi ne m’étaient point parvenus. Ce fut sa présence qui m’alerta, lorsque je sentis que l’on m’observait avec intensité. Je me tournais alors pour voir apparaître le roi Thranduil juste en face de moi. Je m’inclinais respectueusement pour le saluer. Je ne me sentais guère présentable face à lui, avec mon éternelle cape, mon pantalon et ma chemise tous deux noirs, ainsi que mes bottes.

Je le suivis du regard alors qu’il arpentait la vaste salle, éclairée par de faibles lampions dont l’aura de lumière luisait et dansait sur le sol. Et alors sa voix parfaite résonna dans la pièce, lorsqu’il m’annonça qu’il trouvait également une certaine quiétude à ce lieu. Je ne répondis rien, sentant qu’il ne s’arrêterait pas là. Et, effectivement, Thranduil ajouta que tous paraissaient si sereins. Je lui tournai alors le dos pour observer le paysage et ses elfes qui allaient et venaient dans ce décor enchanteresse.

« La sérénité n’est qu’un leurre. Elle ne demeure jamais bien longtemps. Il suffit d’une pensée parasite et elle s’envole avant de revenir vous faire croire que vous demeurerez à jamais paisible. »

Nos regards se croisèrent alors que je tournais la tête vers lui, et pus voir son doux sourire empreint sur son visage aussi pur, clair et limpide que l’eau de la fontaine qui siégeait au milieu de la salle.
Là, mon roi me confia combien ma présence dans cette guerre avait été déroutante.

« Je n’aime pas les guerres que je juge trop injustes. Aider ces hommes me paraissait normal, d’autant plus que mon peuple était impliqué. »

Je regardais Thranduil s’éloigner tout en demeurant parfaitement proche de moi. Je le suivais du regard, hypnotisé par son calme apparent qui laissait place à mille questions quant à ses pensées. Etait-il heureux, triste, en colère, en paix ? Je n’en avais pas la moindre idée. A nouveau, il s’arrêta vers l’une des ouvertures qui offrait une vue imprenable sur la cité.

La question qu’il me posa me laissa un instant sans voix. Qu’est-ce qui, au fond, m’avait vraiment poussé à vouloir me battre ? Le goût du sang, seulement ?

« Vous me connaissez que trop bien, mon roi. Cependant le sang n’était pas là la seule raison. Comme je vous l’ai dit, je n’aime pas l’injustice. Et, à mon goût, laisser seuls mon peuple et les hommes se battre pour une cause qui me semblait être la plus juste serait parfaitement intolérable. Je ne voulais pas rester les bras croisés, ça m’était impossible. »

Je lâchais un soupir, et ajoutai :

« J’ai beaucoup de votre estime à mon égard à gagner. Je ne sais point encore comment y parvenir, mais sachez que je suis toujours attaché au peuple de Mirkwood, malgré ce que je laisse transparaître. Mais je ne resterai pas ici. Sachez que je repartirai le plus tôt possible, lorsque j’en aurai assez de cette quiétude. Elle m’a toujours étouffée, au fond.»

Était-ce un mensonge ? Non, aucunement. La tranquillité était reposante, mais ça n’était pas de repos dont j’avais besoin. C’était de mes sacoches, ma cape, mon fidèle destrier, les missions meurtrières que l’on me confiait et mes voyages qui m’attendaient.

« J’ai conscience d’être différent en tout point à votre monde. J’ai remarqué que ma présence ici n’était pas passée inaperçue, aussi je partirai le plus tôt possible. Je ne pense pas être le bienvenue ici, votre majesté. » Lui dis-je en m’inclinant légèrement.





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Elfe Sylvain
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Elfe Sylvain
MessageSujet: Re: Celui qui retrouve son chemin   Dim 3 Juil - 14:31



Eraën & Thranduil




Celui qui retrouve son chemin






[HJ : dans mon post j'étais à Aradhrynd en fait xD cela dit, en relisant je me suis aperçue que je n'étais pas très claire. Du coup, on continue comme si on était déjà à Celebannon. Et ne te fais de souci ce n'est qu'un détail ♥]

Eraën n'était pas comme les autres. Il ne l'avait jamais été et sans doute le serait-il jamais. Alors qu'il parlait, Thranduil l'observait par ses œillades au bleu marmoréen et semblaient sonder son âme. De ses intonations, de sa voix, il saisissait toutes les nuances, toutes les sensibilités et toute la mélancolie.

A ses mots sur la sérénité, ses lèvres fines s'étirèrent en un sourire à peine perceptible. Pouvait-il seulement le contredire ? Lui qui n'avait, dans toute sa très longue vie, que rarement connu ce sentiment étrange et délicat d'abandon et de repos. Sa condition de roi ne lui permettait que peu et depuis l'enfance, il était poursuivi par ses propres souvenirs, enrubannés de haine, de peurs, de douleur et d'ombres insondables.

Laissons la sérénité à ceux qui sauront la savourer. Certaines personnes ne sont tout simplement pas faites pour elle.

Le ton qu'il employait n'était nullement triste, seulement résolu... peut-être même souriait-il.

Dans ce temple de solitude, le jeune Elfe à la peau d'opale se confiait, révélant une part de lui que peu pouvaient se targuer de connaître : le désir de justice. Chose plutôt étonnante lorsque l'on connaissait son « métier ». C'était une pierre de plus au monument de ses contradictions, ce qui faisait de lui un être complexe, divergent et incompris. Et c'était là le véritable danger. Ce qui ne peut être compris est craint et ce qui est craint devient hostile. Le peuple elfique était un peuple plus compréhensif que les autres, mais il était loin d'être d'une parfaite bonté. Seuls certains Valar pouvaient l'être.

Je suis heureux de t'entendre dire que tu es encore attaché à ton peuple. Si on oublie d'où l'on vient, on oubli qui nous sommes. Alors nous perdons notre raison, notre substance et tout avenir.

Cela valait également pour lui, le Sinda issu du Beleriand et de la glorieuse cité des Mille Cavernes, Menegroth ; lui qui n'était pas originaire de Mirkwood et qui en devint pourtant le roi à la mort de son père, ne pouvait oublier ses racines. Elles avaient fait de lui ce qu'il était aujourd'hui.

Dans un mouvement lent, il quitta ses contemplations avant de se tourner vers l'Elfe. Il s'immobilisa un instant, puis dans un bruissement doux du tissu sur le sol marbré, se rapprocha, ne s'arrêtant que lorsqu'il fut à moins d'un mètre de l'albinos. Là, il planta ses perles à l'azur glacé dans le regard du tueur à gage.

Eraën. Dirais-tu qu'une étoile, parce qu'elle possède une couleur différente de celle de ses sœurs, n'a pas sa place dans le ciel ? Elle n’en reste pas moins une étoile et sa distinction ne la rend pas moins brillante, bien au contraire. C'est elle que l'on remarque en premier car elle n'a pas son semblable.

Éthéréen, Thranduil tourna les talons, se dirigeant alors vers les marches qu'il avait descendu peu de temps plus tôt pour rejoindre le jeune elfe. Sans arrêter son pas, il progressait vers la sortie.

Suis-moi.”  Dit-il sans se retourner mais sans user d'un ton impérieux.

Il leur fallut traverser quelques couloirs avant de sortir de cette grande bâtisse. L'architecture de ce village était bien différente de la cité royale d'Aradhrynd. Outre le fait qu'elle ne se situait pas sous terre, les parois des maisons étaient très aérées, ouvertes sur l'extérieur -un peu comme on pouvait le voir à Imladris- tant que du lierre aimait se nouer sur les murs et entre les fines colonnes pour entrer et colorer joliment le plafond des corridors. L'air y était pur. Ethuil* avait bien sûr joué dans cet épanouissement. On entendait des oiseaux chanter, accompagnant le puissant chahut de la rivière Taurduin dont le lit, profond et tumultueux, coupait le village en deux, courant sous un large pont de bois. Ici, nul orque, nulle araignée n'osait s'aventurer. Sur cette parcelle ils n'avaient encore jamais posé leurs immondes empruntes, faisant de Celebannon une sorte de havre enfoncé dans le cœur de la forêt. Cela n'était pourtant dut à aucune magie. La garde ici était très présente et les alentours contentement arpentés. Celebannon n'était pas le seul village elfique au cœur du royaume de Mirkwood mais il était sans le moindre doute le plus grand et le plus sûr, y recevant même parfois les diplomates de Dale.

Au dehors, des hommes de sa garde personnelle attendaient de part et d'autre dans le silence et l'immobilité la plus complète. Un mortel aurait aisément pu les confondre avec des statues... une grossière erreur car ils faisaient partie des meilleurs soldats de la cité et la moindre menace aurait été pulvérisée en moins de temps qu'il n'en fallait pour le penser.
Pour descendre les marches de la Maison Commune, le roi écarta un pan de sa tunique, révélant l'une de ses lames accrochée à sa taille, dormant dans son fourreau. Prudence était mère de sûreté et il détestait grandement être pris au dépourvu, par conséquent, à chaque déplacement, ses armes l'accompagnaient.
Le mal à Mirkwood ne dormait jamais et chaque Elfe en avait parfaitement conscience.

Il n'était pas encore midi et le soleil perçait à travers la voûte arborée, créant des lueurs dorées sur leur chemin. Partout où ils regardaient, ils voyaient la vie. Chacun vaquait à ses occupations et si chaque Elfe qu'ils croisaient saluait son roi, c'était sans s'attarder, reprenant son activité. Le Sinda leur rendait leur salut de légers mouvements de tête, continuant sa route au côté d’Eraën, empruntèrent le pont chevauchant la Taurduin et passèrent sur l’autre rive. Ils se dirigèrent vers un arbre plus massif que les autres où de larges escaliers furent installés, tournant tout autour du tronc pour atteindre la cime. Une fois parvenu jusqu’au sommet de l’arbre, il se dessina un magnifique paysage devant eux. Cerné par l’épaisse forêt, leur regard s’étendait loin, bien au-delà des frontières du royaume des Elfes. A l’est, à travers les arbres en contrebas on pouvait voir la vallée creusée par la rivière et au bout dans le lointain, le long lac dont les eaux ruisselaient tel un diamant taillé sous les rayons du soleil. Plus loin encore on pouvait percevoir les contours de la cité de Dale et juste après, le grand pic solitaire. Au nord, à l’ouest et au sud s’étendait Mirkwood, la grande forêt qui appartenait jadis entièrement aux Elfes. Si près d’eux les arbres étaient verts et majestueux, plus loin les arbres avaient des feuilles sombres, et de nombreuses branches dépassaient, comme si la forêt était malade.


Vois l’endroit où tu es né. Vois le lieu auquel tu appartiens. C’est un monde beau et violent à la fois. Cette forêt n’est pas parfaite. Les Elfes qui y vivent ne le sont pas davantage. Mais c’est ainsi que nous sommes faits. Cet endroit, aussi sombre puisse-t-il être, est ta maison et tu es ici chez toi. Aucun Elfe de la Forêt Noire ne saurait dire le contraire. Si cela venait à arriver alors c'est que son étoile aurait perdu son éclat et qu'elle n'aurait dès lors plus sa place dans le ciel.

Malgré la poésie de ces mots, son visage à l'ineffable beauté sembla soudain plus dur et froid, implacable et parfaitement souverain. Il pouvait se révéler magnanime et pardonner un grand nombre de choses mais certaines étaient impardonnables. Si un elfe avait osé dire à Eraën qu'il n'était pas le bienvenue, le courroux du monarque aurait été impitoyable et sans appel.




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