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 Sur la terre des rôdeurs

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Rohan
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Éomer
Feat : Jamie Campbell Bower


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Date d'inscription : 28/12/2015

Rohan
MessageSujet: Sur la terre des rôdeurs   Jeu 2 Juin - 19:30

Sur la terre des rôdeurs



A l'aube, à la fin de la Bataille de Fornost

Pour chaque goûte vermeille versée, un flot de sang noir se déversait sur la plaine du royaume du nord. L'assaut contre les hordes ennemies fut terrible et dévastateur. Dans cette course à la mort où la violence dominait en maître, Éomer fils d'Eomund se sentait dans son élément, débordant de rage. Par sa lame, il voulait graver dans la chair putride des orques que les Hommes étaient encore debout et que même la mort, encapuchonnée au loin, les guettant, ne pouvait enlever la force de leur bras ni éteindre le feu dans leur cœur. Car le rohirrim brûlait. Porté par sa jument Unforth, Sans-Peur, il ne sentait plus ni la fatigue, ni la froideur de la nuit. De fines gouttelettes de sueur perlaient à son front souillé par le sang de la vermine et rien ne pouvait étancher son inextinguible soif tuer. Les formes macabres qui cernaient sa monture tombaient sous ses sabots où poussaient un glapissement sordide lorsque Gúthwinë, son amie de guerre, tranchait leur gorge, s'abreuvant de leur chair déchirée et de leur douleur avec une délectable avidité. La charge ne faisait plus de ces pauvres hères que des ersatz de monstres qui avaient perdu tout ce qu'ils avaient d'effrayant. Car la véritable terreur était à cheval, face à eux, perçant leurs rangs en de larges lacérations et le sens même du mot « reculer » avait disparu de leur langue. Vaincre ou mourir.
Devant la débandade des orques et des trolls, le Nazgul voulu réorganiser ses troupes par une technique simple et ancestrale : provoquer en eux plus de peur que ne pouvait le faire l’ennemi. Le Capitaine n’eut pas l’occasion de voir s’il y était parvenu. Non, la seule chose qui lui fit lever la tête et se désintéresser un bref instant de ses victimes, ce fut le cri strident de l’esprit, serviteur de Sauron. Mais contrairement à la première fois qu’il entendit ce son terrible, il n’en fut point effrayé, bien au contraire. Car sa voix sépulcrale côtoyait une peur plus profonde encore que ce qu’il avait connu plus tôt. Sa tête et tout son corps n’étaient plus qu’une flamme flavescente, un bûcher se mouvant dans une marée de terreur car une flèche enflammée venait de se planter dans sa tête. Ses sbires, le voyant, cédèrent leurs dernières parcelles de volonté à la peur, entraînant dans leur course l’irrésistible vague d’épées et de flèches tournée à leur encontre. C’était la fin. Ralliés à lui, Éomer ordonna à ses rohirrim qu’ils exterminent sans pitié jusqu’au dernier des fuyards, car l’idée que l’un d’entre eux inspira encore leur air au levé du jour lui était insupportable.

Cette chasse dura jusqu’à ce que l’aube baigna la plaine de ses pâles rayons d’or. Ses lames révélèrent un paysage désolé, funeste spectacle devant lequel le Capitaine demeura un instant, les lèvres scellées, le regard froncé, l’observant du haut de sa jument. Jamais il n’avait vu un tel charnier et pourtant, ce n’était pas sa première bataille. La blessure de son épaule s’éveilla soudain et lui arracha une grimace. La chasse lui avait donné assez de rage pour oublier la douleur mais à présent, elle venait reprendre sa place légitime et semblait maintenant déchirer son corps en deux. Unforth poussa un hennissement et le jeune homme sourit malgré le mal, une goutte de sueur sillonnant son front pour dessiner une courbe sur sa joue.

Ne t’inquiète pas, c’est une blessure superficielle. J’ai connu pire.” Dit-il, flattant son encolure tandis qu’elle renâclait. A bien y réfléchir, bien peu de ses blessures pouvaient rivaliser avec celle que le dragon lui avait infligée. Sa vue commença à se brouiller et doucement il s’affaissa. Son cœur battait à ses tempes et il se sentait glisser dans les ténèbres mais ses doigts se nouèrent sur la crinière noire.

Unforth… Feran hof...Unforth… à la maison  

Lorsqu’il perçu les mots en ancien rohanais, l’animal bougea ses oreilles, les dressant vers l’avant et partit au galop en direction de la cité.  


Le jour suivant

Lorsqu’il s’éveilla, la douleur avait presque entièrement disparue tant qu’il se demanda si sa blessure n’avait pas été qu’un mauvais rêve. Il retrouva Théodred près de lui. Malgré la gravité de son état, il semblait se porter à merveille, ce qui ravit le jeune homme qui avait craint le pire. Il l’informa qu’il avait dormi un jour et une nuit et il lui reprocha son inconscience de ne s’être pas fait soigner plus tôt. Mais très vite, la joie de se retrouver s’ajouta à celle de la victoire. Son cousin lui apprit qu’on avait envoyé des cavaliers aux quatre coins de la Terre du Milieu pour prévenir les peuples libres de l’attaque d’Angmar. Bientôt, Théoden saurait.
Lorsqu’il sortit de la Maison de Guérison, il put constater à l’odeur transportée par les fumées du bas de la forteresse que l’on brûlait ce qu’il restait des ennemis Bien qu’elle fut acre et parfaitement écœurante, c’était bien mieux que de devoir supporter leurs corps en décomposition car ils sentaient déjà bien assez mauvais en vie.
Ils ne plaisantèrent que peu car l’heure qui suivit, tous durent se diriger vers le dernier niveau de la cité pour les éloges funèbres. Personne n’aimait ces moments où chacun faisait face à la peine et à la douleur et si le fils d’Eomund se plia à ce devoir, son visage demeura résolument clos et impassible. Son désir d’honorer ceux qui étaient tombés était encore moins puissant que la désolation que le trépas de son père avait laissé derrière lui. Malgré les ans, il n’avait toujours pas fait son deuil, mais cela, il le gardait précieusement dissimulé en lui, sous la forme d’une rage et il ne la laissait sortir que pour ses ennemis... ou presque.

Le regard sombre de son jeune cousin laissa Théodred interrogateur et il le fixa ainsi un instant. Eomer, sentant ses yeux sur lui céda à ses interrogations silencieuses tandis que le corps sans vie d’une jeune fille de Fornost, bordé de fleurs passait devant eux.

J’ai failli accepter qu’Eowyn vienne.

Le prince posa une main ferme sur son épaule intacte en murmurant à son oreille.

Ne te torture pas pour une chose qui n’est pas arrivée.

La raison ne l’emportait pourtant pas toujours mais aujourd’hui, il y avait trop d’âmes à regretter pour se trouver d’inutiles tourments.

Les corps des rohirrim furent emmenés comme les autres au Nord de la cité, pour y être inhumés. Il connaissait chacun des hommes présents et certains de ses amis siégeraient à Fornost pour l’éternité. Mais pour eux nulle tristesse, le Rohan n’avait pour eux qu'une immense fierté.
Les chefs des différentes coalitions se mirent d’accord sur un point : cette rencontre historique entre les peuples libres et la renaissance de Fornost ne pouvait prendre fin sur des larmes. La fête avait été interrompue mais des cendres elle devait renaître car c’était là une victoire qu’ils ne laisseraient pas à Angmar.


Le second jour suivant la fin de la Bataille

Les survivants fêtèrent cet instant de victoire car la vie coulait encore dans leurs veines tandis que celle de leurs ennemis maculait la terre. Le second niveau de la cité avait été transformé pour accueillir cet instant où chacun laissait exploser sa joie, plus vivace encore que la dernière fois. Les discours, les feux d'artifices de Gandalf, tout avait pris une autre dimension, plus grande, plus profonde et Éomer constata que la fraternité entre ces peuples n'avait jamais été aussi grande qu'en cet instant.


Quelques jours plus tard

La forteresse pansait toujours ses plaies, essuyant peu à peu la violence qui s'était déchaînée en son sein. Les différentes coalitions avaient commencé à quitter ce lieu, abandonnant leurs morts à ces murs, leur confiant ces âmes, si précieuses. Cette matinée était magnifique. Le soleil d'hiver réchauffait la pierre grise et froide que le Capitaine caressait d'une main distraite. La majorité des rohirrim avaient quitté l'Eriador, ceux en état de voyager. Éomer était resté avec un contingent pour repartir avec ceux dont les soins nécessitaient une immobilité plus longue. Théodred lui avait confié souhaiter rester pour repartir avec la troupe entière mais le Rohan devait certainement avoir besoin de ses cavaliers. Là-bas aussi les frontières devaient être gardées avec vigilance car le mal s'étendait à présent partout.
Observant le ciel il plissa ses yeux pers. Sa blessure à l'épaule était maintenant presque totalement guérie. Il y posa sa main, ses doigts s'enfonçant doucement pour sentir son bras sous la toile. La douleur n'était plus aussi vive, il pouvait même dire qu'elle avait presque disparue. Sans la magie des elfes, il serait toujours alité... ou peut-être mort. Même s'il n'appréciait guère leur « art », force était de constater qu'il était d'une redoutable efficacité. Le souvenir de la Dame qui l'avait soigné serait impérissable.

Sa terre lui manquait terriblement. Ses immenses plaines d'émeraude, ses collines, ses montagnes, sa maison, ses amis, sa famille... L'hospitalité des gens du Nord était grande mais elle ne pouvait prendre la place de ce qui était si cher à son cœur.

Tandis qu'il tournait la tête, il vit le nouveau gouverneur de la cité : Oneborn. Un véritable géant à la force brute. Éomer avait pu apprécier son efficacité durant le combat et dès lors, il avait pour le rôdeur, une grande estime. Il avait même manqué de se faire arracher le bras par un dragon ! Le Capitaine rohirrim pensait qu'à peu de chose près, le dragon aurait put y perdre des dents...

A ce souvenir, le rohirrim esquissa un sourire et s'approcha. Oneborn était en pleine discussion avec un garde avant que celui-ci ne le salue et prenne congé.

Gouverneur !

Claironna-t-il dans le dos du rôdeur avant que celui-ci ne se retourne pour lui faire face. Éomer posa sa main sur son cœur avant de s'incliner légèrement, un sourire mutin aux lèvres.

Je n'ai pas encore eu le loisir de vous féliciter pour votre nomination. Je vous félicite et plains ceux qui dans l'avenir s'attaqueront à vous et votre cité.

Il salua d'une poignée de main vigoureuse son ami.

Comment se passe la prise de vos nouvelles fonctions ?









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